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Plantes médicinales : usages et préparations en médecine traditionnelle

plantes medicinales

L’Ayurveda et la médecine traditionnelle chinoise (MTC) reposent sur l’usage de centaines de plantes médicinales. Mais leurs approches et méthodes de préparation diffèrent. Comment sont-elles utilisées ? Quels sont leurs bienfaits ? Décryptage de deux pharmacopées ancestrales.

Ayurveda et MTC utilisent de nombreuses plantes médicinales en commun. Par exemple, des espèces comme le ginseng (panax ginseng), le curcuma (curcuma longa) ou le lotus (nelumbo nucifera) sont prisées par les deux médecines traditionnelles pour leurs vertus tonifiantes, anti-inflammatoires et réparatrices. Ces plantes jouent donc un rôle important dans leurs traitements, notamment pour renforcer l’énergie vitale, améliorer la circulation et réduire l’inflammation.

Pour avoir une petite idée de ce trésor commun, l’Ayurvedic Pharmacopoeia of India recense 540 plantes médicinales, dont 364 sont aussi présentes dans la pharmacopée chinoise. Des chiffres qui en disent long. Ces deux médecines proposent des monographies détaillées, répertoriant, non seulement les plantes, mais aussi leurs usages et leurs méthodes de préparation. Une véritable bible pour les praticiens d’aujourd’hui.

Mieux, 253 espèces de plantes sont communes aux deux traditions. Cela signifie que ces systèmes partagent bien plus que des racines philosophiques : ils puisent dans les mêmes ressources botaniques pour traiter des maladies similaires. Mais la comparaison s’arrête là, car chaque médecine a sa propre approche. Parfois, c’est la racine qu’on utilise en Chine, tandis qu’en Inde, c’est la feuille. Et inversement. 

Préparation des plantes médicinales en Ayurveda

plantes médicinalesEn Ayurveda, chaque plante suit un parcours unique. Certaines sont réduites en poudre, d’autres mijotées en décoctions ou macérées en huiles. L’objectif ? Amplifier leurs effets et faciliter leur absorption. La branche qui traite de la formulation et de la préparation des médicaments ayurvédiques s’appelle le «Bhaisyajja Kalpana». 

«Bhaisyajja» signifie médicament, et «Kalpana» fait référence aux formes. Il s’agit de la connaissance des formes posologiques des médicaments. En Ayurveda, les produits doivent répondre à des critères essentiels : sécurité, goût acceptable et efficacité dans un délai déterminé et stabilité. Pour les substances toxiques, un processus de détoxification spécial est appliqué. 

Les cinq formes classiques de préparation sont : les jus (Swarasa), les infusions à froid (Sheeta), les pâtes (Kalka), les décoctions (Kwaatah) et les décoctions à l’eau chaude (Faanta). L’Ayurveda utilise aussi des solvants comme l’eau, le lait de vache, les huiles ou le beurre clarifié, qui influent sur la durée de conservation des produits.

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La pharmacopée chinoise et l’art des décoctions

En médecine chinoise, les plantes médicinales sont rarement utilisées seules. Elles sont assemblées en formules complexes, où chaque ingrédient joue un rôle précis : renforcer l’énergie vitale (chi), équilibrer le yin et le yang, ou encore favoriser l’élimination des toxines. La préparation repose sur des décoctions, où les plantes sont bouillies lentement pour en extraire les principes actifs.

L’objectif ? L’harmonie. L’équilibre du yin et du yang. Par exemple, une plante peut être utilisée pour renforcer l’énergie vitale (le chi), tandis qu’une autre aidera à éliminer les toxines ou à harmoniser la circulation sanguine. Ensemble, elles rétablissent l’équilibre du corps, là où il a été rompu.

Mais pour être vraiment efficaces, les plantes médicinales doivent être préparées dans des conditions très strictes. Si l’eau est trop chaude, certains principes actifs seront détruits. Si l’ébullition dure trop longtemps, certains effets seront concentrés, mais d’autres se perdront. Chaque détail compte.

La sécurité est tout aussi essentielle. Certaines plantes sont puissantes, mais toxiques. Leur purification est donc primordiale. Dans le cas des plantes plus toxiques, comme certaines racines ou écorces, un processus de purification ou détoxification est nécessaire pour éliminer les substances indésirables et rendre la plante plus sûre pour l’utilisation humaine. 

Enfin, il y a l’interaction. Chaque plante peut renforcer, équilibrer ou atténuer l’effet des autres. Ce principe d’harmonisation entre les plantes est un aspect fondamental de la pharmacopée chinoise, qui cherche toujours à traiter l’individu dans sa globalité, en visant à rétablir l’équilibre de l’ensemble de son système énergétique.

Source : Botanical drugs in Ayurveda and Traditional Chinese Medicine

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