Tout ne serait pas qu’une question de neurones… Publiée dans la revue Brain Medicine, l’interview du Dr Hamilton Se-Hwee Oh, du Mount Sinai Brain-Body Institute, met en lumière une avancée scientifique intéressante : le cerveau et le corps dialoguent en permanence, et cette communication influence directement l’humeur, la cognition et le rythme du vieillissement.
En plaçant les signaux biologiques du corps – inflammation, métabolisme, vieillissement cellulaire – au cœur du fonctionnement émotionnel, le chercheur esquisse une vision intégrative de la santé mentale, redéfinissant les frontières entre santé mentale et santé physique.
Quand chaque organe suit sa propre horloge
Ses travaux, menés en collaboration avec le Ronald M. Loeb Center for Alzheimer’s Disease, à New York, s’inscrivent d’ailleurs dans une approche interdisciplinaire inédite mêlant biologie moléculaire, immunologie et neurosciences. Et déjà, un constat s’impose : tous les organes ne vieillissent pas au même rythme, preuve que le corps ne fonctionne pas selon une unique horloge biologique.
En clair, deux personnes du même âge ne vieillissent pas forcément de la même façon : l’une peut présenter un cœur plus fragile, quand l’autre sera davantage exposée à un déclin cognitif. Et cette découverte bouscule notre idée d’un vieillissement uniforme, ouvrant de nouvelles possibilités pour soigner les maladies chroniques.
Des liens étroits entre corps et cerveau
Le Dr Oh a aussi découvert des marqueurs biologiques dans le liquide entourant le cerveau et la moelle épinière, capables de repérer le risque de maladie d’Alzheimer plusieurs années avant les premiers signes visibles. Une avancée prometteuse qui pourrait permettre une prévention plus précoce et plus ciblée des maladies neurodégénératives.
Le chercheur élargit cette vision du vieillissement en y intégrant la dimension émotionnelle. Ses travaux montrent comment le stress psychologique accélère l’usure des organes, tandis que les signaux chimiques émis par le corps influencent en retour les circuits cérébraux liés à l’humeur et à la mémoire.
Autrement dit, le stress ne reste pas confiné au cerveau : il circule dans tout l’organisme, perturbant à la fois les cellules, les organes et l’équilibre mental. Et, au bout du compte, c’est toujours le corps qui a le dernier mot…
LIRE AUSSI : La méditation à long terme freinerait le vieillissement biologique





