Délaissant l’activité physique, les enfants seraient de plus en plus exposés à l’obésité et au diabète, alerte une étude menée auprès de 9 000 collégiens français.
«La capacité physique – l’effort maximal que vous pouvez maintenir pendant cinq minutes environ -, c’est le capital santé des individus. Quel que soit son âge, ses antécédents médicaux, si elle est basse, on est en mauvaise santé !», explique le Pr François Carré, rapporte Le Parisien.
Il a dirigé une étude évaluant la capacité physique de plus de 9 000 collégiens en classe de 6e, âgés d’environ 11 ans, via le «test navette de Luc Léger» : une course balisée tous les 20 m avec des paliers de 1 minute et une cadence qui augmente au fur et à mesure.
Les résultats ont été décevants : l’étude montre que les garçons ont perdu 1 km/h depuis 1987 et les filles, 0,6 km/h. «Les chiffres sont très mauvais, car, au minimum, la capacité physique devrait rester stable. Aujourd’hui, un sujet de 65 ans qui est actif, sans être sportif, ferait mieux que les jeunes», estime le cardiologue.
Redonner le goût de faire de l’activité
La solution ? Elle n’est pas très compliquée… Les collégiens ayant bénéficié d’un entraînement spécifique ont amélioré leur performance de 4,6%, passant de 10,2 km/h à 10,6 km/h, tandis que l’autre groupe, qui n’a suivi que les deux heures standard de sport par semaine, a lui aussi progressé mais de manière moins nette, passant à 10,4 km/h.
«Il faut redonner le goût et le plaisir de faire de l’activité aux enfants dès le plus jeune âge. On a un retard énorme mais on peut changer les choses. Mais ce n’est plus acceptable d’attendre pour agir de manière volontaire et efficace», plaide le Pr François Carré, qui a remis son étude aux ministres des Sports et de l’Education nationale, Pap Ndiaye et Amélie Oudéa-Castéra.



