Une marche rapide de seulement 10 minutes par jour serait associée à une espérance de vie plus longue, suggèrent des chercheurs de l’Université de Leicester, en Angleterre. Explications.
Alors que les bénéfices d’une pratique régulière de la marche à pied sur l’état de santé sont aujourd’hui reconnus, des scientifiques viennent de franchir une étape supplémentaire en mettant en avant un lien de causalité entre le rythme de marche et la longueur des télomères des leucocytes. En clair, cette activité pourrait prolonger la vie des cellules…
Les «télomères» ? Ces séquences d’ADN situés à l’extrémité des chromosomes, dont la découverte de leur rôle protecteur a valu le prix Nobel, en 2009, à Elizabeth Blackburn, Carol Greider et Jack Szostak, diminuent avec le temps. En effet, grâce à une enzyme, la télomérase, leur longueur est reconstituée à chaque division cellulaire, évitant ainsi à la cellule de vieillir prématurément, mais, avec l’âge, le mécanisme finit par donner des résultats moins performants.
Ainsi, la baisse d’activité de la télomérase et le raccourcissement des télomères finissent par provoquer différents phénomènes biologiques comme le cancer, des maladies cardiovasculaires ou la baisse de l’immunité. Certains médecins, comme le professeur Michael Fossel, aux Etats-Unis, y ont ainsi vu la possibilité d’une inversion du vieillissement et la guérison de ses pathologies, via des thérapies «anti-âge» à base de télomérase.
Les effets d’un tel mécanisme sur le vieillissement global (et pas seulement sur la sénescence cellulaire) ne font toutefois pas encore consensus parmi les scientifiques. Ce qui n’est plus remis en cause, en revanche, c’est le fait que le vieillissement cellulaire soit contrôlé par les télomères. De là à dire que l’accumulation de ces cellules sénescentes contribue à une gamme de symptômes que nous associons au vieillissement…
De nouvelles pistes thérapeutiques
Et c’est là que l’étude de l’Université de Leicester intervient. Parue le 20 avril dans la revue Communications Biology, elle porte sur plus de 400 000 adultes britanniques d’âge moyen. Les mesures effectuées par les chercheurs suggéraient déjà qu’une marche rapide de seulement 10 minutes par jour était associée à une espérance de vie plus longue», jusqu’à 20 ans de plus par rapport aux marcheurs lents. Restait à confirmer le lien de causalité. Voilà donc chose faite.
«Cette recherche utilise des données génétiques pour fournir des preuves plus solides d’un lien de causalité entre un rythme de marche plus rapide et une longueur de télomères plus longue. Les données des dispositifs de suivi d’activité portables portés au poignet utilisés pour mesurer l’activité physique habituelle ont également soutenu un rôle plus important de l’intensité de l’activité habituelle (par exemple, une marche plus rapide) par rapport à la longueur des télomères», explique le Dr Paddy Dempsey, l’auteur principal de l’étude, dans un communiqué.
Ces résultats laissent entrevoir de nouvelles applications thérapeutiques pour les malades chroniques. «En plus d’augmenter la marche globale, ceux qui en sont capables pourraient viser à augmenter le nombre de pas effectués dans un temps donné (par exemple en marchant plus vite jusqu’à l’arrêt d’autobus)», souligne le médecin. Ce serait aussi un des moyens les moins coûteux pour espérer vivre un peu plus longtemps… La recette «miracle» pour rester jeune se trouve peut-être à nos pieds.



