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France : l’accès aux soins médicaux jugé « déplorable » par l’UFC-Que Choisir

Enquête de l'UFC sur le désert médical français

Eloignement des généralistes, dépassements croissants d’honoraires… L’association de consommateurs pointe l’ampleur de la désertification médicale en France et préconise une régulation de l’installation des médecins.

Alors que Doctolib est en train de faire du soin médical un objet de consommation comme un autre, soumis aux lois du marché de la réservation en ligne, l’UFC-Que Choisir lève le voile sur le manque de praticiens et la flambée des tarifs, notamment dans des zones où les médecins ne veulent pas s’installer, avec une carte interactive proposée en accès libre sur son site d’information.

On y découvre la répartition des médecins généralistes, commune par commune, mais aussi celle de trois spécialités dites «d’accès direct», c’est-à-dire pour lesquelles le rendez-vous n’est pas conditionné à une consultation préalable chez le médecin traitant : les pédiatres, les gynécologues et les ophtalmologues.

Au vu des résultats, l’association de consommateurs dénonce «l’état déplorable de l’accès géographique et financier aux soins en France». «Un quart des femmes et un quart des enfants vivent respectivement dans un désert médical gynécologique et un désert médical pédiatrique», regrette l’UFC-Que Choisir, qui qualifie de «désert médical» les zones où la densité médicale est «au moins 60% inférieure à la moyenne nationale».

Quant à l’accès à un médecin généraliste, la situation n’en reste pas moins préoccupante, «puisque 23,5% des usagers éprouvent des difficultés pour accéder à moins de 30 minutes de route à ce maillon essentiel du parcours de soins», poursuit l’association dans un communiqué.

Mettre fin aux dépassements d’honoraires

Pour mener son étude, l’UFC-Que Choisir a croisé deux critères : l’éloignement géographique des médecins (accessibles à moins de 45 minutes de route) et les tarifs pratiqués (dépassements d’honoraires ou non). Le constat,  là encore, est sévère : quand on ne prend en compte que l’accès aux médecins ne pratiquant pas de dépassements d’honoraires, «la pénurie de médecins croît de manière affolante».

«La part des enfants vivant dans des déserts médicaux pédiatriques passe ainsi à 46,8% (+19,3 points), et celle des femmes résidant dans des déserts médicaux gynécologiques à 66,8% (+43,2 points). Le pourcentage de la population vivant dans un désert médical ophtalmologique passe, quant à lui, du simple à plus du triple (62,8 %, soit +43,8 points) !», observe l’association.

Loi de l’offre et de la demande oblige, la pénurie de médecins a poussé 46,9% des pédiatres, 64,3% des ophtalmologues et 68,6% des gynécologues à pratiquer des dépassements d’honoraires. Des chiffres qui sont en très forte hausse depuis 2016, souligne l’UFC-Que Choisir.

Face à l’échec des mesures d’incitation à l’installation dans les déserts médicaux, l’association demande aux pouvoirs publics de ne plus permettre aux médecins de s’installer en zones surdotées «à l’exception du secteur 1 (tarif de la Sécurité sociale) quand la situation l’exige», de fermer l’accès au secteur 2 (à honoraires libres) et de supprimer les aides publiques aux médecins ne respectant pas le tarif de la Sécurité sociale.

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