Répétée comme un mantra, cette norme, remise au goût du jour par l’OMS, doit être relativisée en fonction de l’âge, souligne une étude américaine.
«Le mantra souvent répété des 10 000 pas par jour est né d’une campagne de marketing vieille de plusieurs décennies pour un podomètre japonais, sans aucune preuve scientifique pour étayer son impact sur la santé», souligne l’Université du Massachusetts (Etats-Unis), à Amherst, dans un communiqué.
Pour vérifier la pertinence de cette recommandation, reprise par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une équipe internationale de chercheurs, dirigée par une épidémiologiste de cette même université, Amanda Paluch, a réalisé une méta-analyse de 15 études portant sur près de 50 000 personnes dans le monde entier. La conclusion de ces travaux a été récemment publiée dans la revue Lancet Public Health.
L’objectif était d’identifier le nombre de pas quotidiens devant améliorer de manière optimale la santé et la longévité des adultes. «Ce que nous avons vu, c’est cette réduction progressive du risque à mesure que les pas augmentent, jusqu’à ce qu’il se stabilise. Et le nivellement s’est produit à différentes valeurs de pas pour les adultes plus âgés et plus jeunes», explique Amanda Paluch, citée dans le communiqué.
Marcher plus longtemps serait inutile
Premier enseignement : pour les adultes de 60 ans et plus, le risque de décès prématuré se stabilise à environ 6 000 à 8 000 pas par jour, marcher plus longtemps n’apportait aucun avantage supplémentaire pour la longévité, notent les chercheurs. Chez les moins de 60 ans, le risque de décès prématuré se stabilise, quant à lui, entre 8 000 à 10 000 pas quotidiens.
Au final, selon cette méta-analyse, parmi les trois groupes les plus actifs qui ont fait plus de pas par jour, le risque de décès était de 40 à 53 % inférieur à celui du groupe qui faisait moins de pas. «Fait intéressant, la recherche n’a trouvé aucune association définitive avec la vitesse de marche, au-delà du nombre total de pas par jour», constate Amanda Paluch. Bref, quel que soit le rythme auquel on marche chaque jour, la santé en tirera toujours un bénéfice.



