Si leur découverte se confirme, perdre des kilos avant l’été, pour les reprendre tout aussi vite à la rentrée, ne sera peut être plus une fatalité, selon des chercheurs, qui se sont penchés sur les effets à long terme des régimes sur notre cerveau.
L’effet yo-yo est un phénomène qui se produit quand on suit un programme alimentaire restrictif pour perdre du poids rapidement, avant de le reprendre après l’arrêt du régime. Ce cycle peut même se répéter chaque année, après la belle saison…
Les mécanismes sont connus. Avec un régime restrictif, le corps est privé de l’énergie dont il a besoin pour fonctionner correctement. En réponse à cette privation, le métabolisme ralentit. Il puise alors dans les réserves de graisse pour compenser le manque d’énergie, mais aussi dans la masse musculaire. Comme les muscles sont des tissus métaboliquement actifs, une réduction de la masse musculaire signifie que le corps brûle moins de calories au repos.
Une fois que le régime est terminé, il est aussi courant de revenir à ses habitudes alimentaires antérieures. Bref, avec un métabolisme ralenti et une masse musculaire réduite, le corps devient moins efficace pour brûler les calories, ce qui facilite la reprise du poids perdu.
Pis, ayant subi une période de restriction, il peut aussi se mettre en mode «survie» et stocker plus de graisse qu’avant en prévision d’une autre période de disette… Le résultat n’étonnera pas les habitués de l’effet yo-yo : une prise de poids encore plus rapide après la fin du régime !
Des effets scrutés à long terme
En fait, un régime provoque des modifications profondes du cerveau, agissant directement sur les cellules nerveuses. Des chercheurs du Max Planck Institute for Metabolism Research, en Allemagne, et de la Harvard Medical School, aux Etats-Unis, ont mis en lumière les neurones responsables de cet effet yo-yo. Leurs résultats viennent d’être publiés dans le journal Cell Metabolism.
Ils ont montré chez des souris que la communication dans le cerveau change pendant un régime : situées dans l’hypothalamus, les cellules nerveuses qui transmettent la sensation de faim (AgRP) reçoivent des signaux plus forts, de sorte que les rongeurs mangent beaucoup plus après avoir suivi un programme alimentaire restrictif.
«Les gens ont principalement regardé les effets à court terme après un régime. Nous voulions voir quels changements ont lieu dans le cerveau à long terme», explique Henning Fenselau, chercheur à l’Institut Max Planck, qui a dirigé l’étude, cité dans un communiqué.
Selon les scientifiques, la connexion physique des neurotransmetteurs – dans un processus appelé «plasticité synaptique» -, augmente considérablement avec les régimes et la perte de poids, ce qui conduit à une faim excessive sur une longue période. Autrement dit : l’appétit est stimulé à long terme, même après la fin du régime.
De futurs traitements pour maintenir le poids ?
Ce qui veut dire que cette reprise de poids n’est pas principalement due à une suralimentation après le régime, mais plutôt à des changements physiologiques qui ont lieu pendant la période de restrictions. Et ce résultat change l’idée que l’on se faisait habituellement de ce fameux effet yo-yo.
Car le corps cherche d’abord à s’adapter à une période de restrictions et surtout à reconstituer ses réserves dès que possible, pour se préparer à une éventuelle nouvelle pénurie. Bref, il se met en mode «survie», ce qui encourage ce phénomène de montagnes russes, si fréquent avec les régimes alimentaires.
«Notre objectif est de trouver des traitements pour les humains qui pourraient aider à maintenir la perte de poids après un régime. Pour y parvenir, nous continuons à explorer comment nous pourrions bloquer les mécanismes qui interviennent dans le renforcement des voies neuronales chez l’homme», poursuit Henning Fenselau.
D’ici là, les chercheurs devront s’assurer que ce chemin neuronal mis en lumière chez la souris est le même chez nous. Et si c’est le cas, stopper la communication entre ces neurones pourrait s’avérer prometteur pour conserver son poids de forme. Patience ! Il faudra encore vivre avec l’idée qu’il n’existe pas de régime miracle…



