Sur TikTok, certains internautes promettent une transformation inattendue : un nez plus fin, une peau plus nette, parfois même une silhouette du visage plus harmonieuse… Le «secret» évoqué dans ces vidéos n’est pas un soin esthétique ni une technique de maquillage. Il s’agit d’un médicament contre l’acné sévère – l’isotrétinoïne -, qui supprime la production de sébum.
Ces dernières semaines, la tendance a pris de l’ampleur, alimentée par des discussions virales autour d’un supposé «nose job à l’Accutane». Une idée relayée notamment par la mannequin Kendall Jenner, qui explique qui ce type de médicament pourrait réduire la taille du nez en diminuant la taille des glandes sébacées.
Un traitement réservé aux acnés sévères
Face à ce phénomène viral, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient de publier une mise en garde. Dans un communiqué, elle observe que ces produits sont «actuellement promus sur les réseaux sociaux à des fins esthétiques et en dehors de leurs indications thérapeutiques autorisées».
L’isotrétinoïne – commercialisée notamment sous les noms suivants : Roaccutane en gel, Isotrétinoïne Acnétrait, Contracné, Curacné ou Procuta en gélule – est indiquée pour traiter «des acnés sévères lorsque les autres traitements n’ont pas été efficaces», rappelle l’ANSM.
«Ces médicaments ne modifient pas la forme du nez, et peuvent, au contraire, altérer la qualité de la peau. Ils peuvent aussi être à l’origine d’effets indésirables graves et susceptibles de persister après la fin du traitement, y compris à faible dose», souligne l’agence sanitaire.
Des effets secondaires graves
Des troubles psychiatriques ont été signalés, avec «des symptômes dépressifs et des modifications de l’humeur» pouvant apparaître pendant le traitement ou après son arrêt. L’isotrétinoïne peut aussi entraîner «des risques d’atteinte du foie», des troubles de la vision, musculaires ou intestinaux, ainsi que des effets cutanés comme une sécheresse importante ou une aggravation de l’acné.
Le médicament présente aussi un risque majeur pendant la grossesse. Il est «strictement contre-indiqué» chez les femmes enceintes en raison d’un «risque élevé de malformation fœtale», notamment une «déformation du crâne». Pour les femmes en âge d’avoir des enfants, la prescription initiale s’accompagne d’ailleurs de la signature d’un accord de soins et chaque renouvellement est limité à un mois.
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