On savait que la méditation de pleine conscience pouvait réduire la douleur, mais on ne savait pas comment. Des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université de Californie, à San Diego, viennent de mettre à jour le mécanisme.
Leur étude, publiée le 7 juillet dans la revue Pain, suggère que la méditation interrompt la communication entre les zones cérébrales impliquées dans la sensation de douleur et celles qui produisent le sens de soi. «L’un des principes centraux de la pleine conscience est le principe selon lequel vous n’êtes pas vos expériences», explique l’auteur principal, Fadel Zeidan, professeur agrégé à la faculté de médecine de San Diego, cité dans un communiqué de l’université.
Les signaux de douleur se déplacent toujours du corps vers le cerveau, mais, avec la méditation de pleine conscience, l’individu ne se sent pas «propriétaire» de ces sensations de douleur, de sorte que sa douleur et sa souffrance sont réduites, poursuit le communiqué. «Vous vous entraînez à ressentir des pensées et des sensations sans y attacher votre ego ou votre sens de soi, et nous voyons enfin comment cela se passe dans le cerveau lors de l’expérience d’une douleur aiguë», précise Fadel Zeidan.
Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont commencé par scanner le cerveau de 40 personnes, pendant qu’une vive chaleur était appliquée sur leurs jambes. Elles devaient évaluer leur niveau moyen de douleur au cours de l’expérience. Les participants ont ensuite été divisés en deux groupes. Les membres du groupe de pleine conscience ont suivi quatre séances de formation distinctes de 20 minutes sur la pleine conscience.
Un traitement non pharmacologique
Au cours de ces séances, il leur a été demandé de se concentrer sur leur respiration et de réduire le traitement autoréférentiel en reconnaissant d’abord leurs pensées, leurs sensations et leurs émotions, puis en les laissant partir sans les juger ni y réagir. Les membres du groupe témoin ont passé leurs quatre séances à écouter un livre audio.
Le dernier jour de l’étude, l’activité cérébrale des deux groupes a été à nouveau mesurée, tandis que les participants du groupe de pleine conscience recevaient pour instruction de méditer pendant la chaleur douloureuse, pendant que le groupe témoin se reposait les yeux fermés. Les chercheurs ont alors découvert que les personnes qui méditaient activement ont signalé une réduction de 32% de l’intensité de la douleur et une réduction de 33% du désagrément de la douleur.
«Nous étions vraiment ravis de confirmer qu’il n’est pas nécessaire d’être un méditant expert pour ressentir ces effets analgésiques», rapporte Fadel Zeidan. Selon lui, «il s’agit d’une découverte vraiment importante pour les millions de personnes à la recherche d’un traitement à action rapide et non pharmacologique contre la douleur».



