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Comment la couleur des cheveux se régénère

CHEVEU

La couleur des cheveux, orchestrée par un ballet de processus chimiques, se réinvente à chaque cycle capillaire. Décoder ce mystère capillaire nous révèle pourquoi, avec le temps, nos mèches finissent par se parer de blanc…

Tout part du follicule pileux, encore lui ! On peut le comparer à une véritable petite usine biologique, où se déroule une activité complexe et continue. C’est à l’intérieur d’elle que la tige capillaire prend forme, mais aussi que la couleur du cheveu est déterminée par un processus bien orchestré.

Le cœur de cette usine repose sur des cellules spécialisées, les mélanocytes, qui produisent la mélanine, le pigment responsable de la couleur des cheveux. Ces mélanocytes se trouvent dans le bulbe du follicule pileux, à la base de chaque cheveu en croissance. 

Leur tâche est de synthétiser la mélanine et de la transférer aux kératinocytes, les cellules qui composent la tige du cheveu. Cette interaction entre mélanocytes et kératinocytes permet à chaque cheveu d’afficher sa couleur unique, qu’elle soit brune, blonde, rousse ou noire.

L’influence de la mélanine sur la couleur 

Deux types de mélanine sont impliqués : l’eumélanine, responsable des teintes brunes à noires, et la phéomélanine, à l’origine des nuances blondes à rousses. Toutefois, tous les mélanocytes du follicule pileux ne sont pas actifs en permanence. 

Une distinction importante existe entre les mélanocytes actifs, impliqués directement dans la production de couleur, et les mélanocytes quiescents, qui résident dans une zone supérieure du follicule, près de la glande sébacée. Ces mélanocytes quiescents sont en quelque sorte en réserve : ils ne participent pas activement à la mélanogenèse (la production de mélanine) mais constituent un réservoir essentiel pour le renouvellement des cellules pigmentaires.

À chaque cycle capillaire, ce réservoir de mélanocytes quiescents joue un rôle central. Quand le follicule pileux entre dans une nouvelle phase anagène, après la chute du cheveu en phase télogène, certains de ces mélanocytes quiescents sont recrutés pour repeupler le bulbe du follicule nouvellement formé. 

C’est là que se déroule un processus appelé néo-morphogenèse : les mélanocytes migrent vers le bulbe, où ils se réactivent, prolifèrent temporairement, puis recommencent à produire de la mélanine. Ce processus de régénération est ce qui permet à la nouvelle tige capillaire de retrouver sa couleur d’origine, cycle après cycle.

Le blanchissement des cheveux

Souvent perçu comme l’un des signes les plus visibles du vieillissement, le blanchissement des cheveux est le résultat d’un processus biologique subtil… Contrairement à la croyance populaire, les cheveux ne deviennent pas blancs du jour au lendemain. Ce changement de couleur est lié à la réduction progressive du nombre de mélanocytes actifs dans le follicule pileux, ces cellules responsables de la production de la mélanine, le pigment qui colore nos cheveux.

Au fil des cycles capillaires, le réservoir de mélanocytes quiescents, qui permet normalement de régénérer l’unité de pigmentation à chaque nouveau cheveu, s’épuise lentement. À mesure que le nombre de mélanocytes actifs diminue, la quantité de mélanine produite et transférée à la tige capillaire devient insuffisante pour maintenir la couleur d’origine. 

Et quand le seuil critique est atteint, la pigmentation des cheveux devient de plus en plus faible, jusqu’à ce que les cheveux apparaissent gris, puis blancs. Plusieurs mécanismes biologiques sont à l’origine de ce déclin, notamment l’arrêt progressif de la mélanogenèse, le processus par lequel les mélanocytes synthétisent la mélanine. 

Cet arrêt est en partie dû à la diminution du nombre de mélanocytes capables de produire de la mélanine, mais aussi à une réduction de leur activité fonctionnelle. De plus, une enzyme appelée TRP-2, ou dopachrome tautomérase, qui joue un rôle protecteur contre les dommages oxydatifs, est absente dans les mélanocytes du follicule pileux. Cette absence rend les mélanocytes plus vulnérables aux agressions, en particulier celles liées au stress oxydatif, ce qui accélère leur déclin.

Ce qui est intéressant, c’est que ce processus de blanchissement est spécifique aux mélanocytes du follicule pileux. En effet, les mélanocytes situés dans l’épiderme, la couche supérieure de la peau, ainsi que dans la partie supérieure du follicule pileux continuent d’exprimer la TRP-2, ce qui leur confère une plus grande résilience face aux agressions. C’est pourquoi, même lorsque les cheveux blanchissent, la pigmentation de la peau reste généralement intacte.

Source : La vie révélée du follicule de cheveu humain (Médecine/Science)

LIRE AUSSI : Comprendre les étapes du cycle de vie du cheveu 

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