Dans de nombreux foyers, le feu de bois reste synonyme de chaleur et de convivialité en hiver. Mais derrière cette image familière, la combustion du bois libère un mélange de polluants susceptibles d’affecter la santé. Dans un avis publié jeudi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) met en garde contre les effets de cette pollution, notamment sur les systèmes respiratoire et cardiovasculaire.
Le bois pèse sur la qualité de l’air
En France, près de 7,5 millions de ménages utilisent le bois pour se chauffer, dont la combustion génère, dans l’atmosphère, «un mélange complexe, variable dans le temps et l’espace, de particules et de gaz, comme par exemple des particules fines (PM 2,5), du monoxyde de carbone (CO), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), du benzène (C6H6) ou des oxydes d’azote (NOx)», souligne l’Anses.
L’expertise de l’agence montre que cette source d’énergie pèse fortement sur la qualité de l’air extérieur en hiver. Sur la période étudiée en France métropolitaine, la contribution du chauffage domestique au bois a été estimée en moyenne à 77 % du niveau de concentration atmosphérique en particules organiques, 72 % pour le carbone suie et 40 % pour les particules fines PM2,5.
Des effets sur la santé respiratoire
Problème : cette pollution atmosphérique peut avoir des «des effets sur la santé respiratoire, ORL et cardiovasculaire, favorisant certaines pathologies comme l’asthme ou la bronchopneumopathie chronique obstructive», met en garde l’Anses. Et certaines populations sont plus vulnérables face à ces effets, notamment les personnes souffrant déjà de maladies cardiaques ou respiratoires, les enfants et les personnes âgées de 65 ans et plus.
Les foyers ouverts et les appareils à bûches anciens figurent parmi les équipements les plus émetteurs de polluants, relève l’Anses. Certaines pratiques peuvent aussi augmenter les émissions. Par exemple l’utilisation d’un appareil en allure réduite, c’est-à-dire avec un faible tirage, ou l’utilisation de bois présentant un taux d’humidité inadapté, trop élevé ou trop faible.
Des disparités selon les territoires
L’impact du chauffage au bois sur la pollution atmosphérique varie aussi selon les régions. La contribution est plus importante dans le sud et l’est du pays, dans les zones les plus froides, ainsi que dans les territoires où la dispersion des polluants est limitée, notamment dans les vallées montagneuses.
Elle est aussi plus élevée dans certaines agglomérations densément peuplées. L’Anses souligne qu’elle est «plus importante dans les agglomérations avec une forte densité de population, comme en Île-de-France, notamment à Paris», où le chauffage au bois d’appoint et d’agrément joue un rôle notable dans la pollution de l’air extérieur.



