Alors que de nombreux produits contenant du cannabidiol (CBD), substance supposée relaxante du cannabis, sont en vente libre, l’Académie de médecine recommande une meilleure information des consommateurs.
«CBD», le sigle s’est banalisé depuis quelques années, notamment dans les cosmétiques et les produits alimentaires. Et pour cause : si cette molécule figure parmi les centaines de cannabinoïdes présents dans le chanvre, également appelé cannabis, elle n’est pas considérée comme «addictive».
Surnommé «cannabis light», le CBD est supposé soulager l’anxiété, le stress ou la douleur, améliorer le sommeil, voire aider au sevrage en cannabis, sans l’effet stupéfiant de l’actif le plus connu de la plante, le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC). Il ne relève donc pas de la réglementation des stupéfiants, ni de celle des psychotropes.
Ses effets indésirables restent toutefois encore «mal connus des consommateurs», insiste l’Académie dans un communiqué. Car, non seulement il est «difficile de faire la part d’un effet propre de la substance (pharmacologique) et d’un effet placebo», mais le CBD peut aussi provoquer des troubles digestifs, une hépatite toxique, de la somnolence ou de la fatigue, «dont la fréquence augmente avec la dose par prise et la dose quotidienne», estime l’institution, qui évoque aussi un risque d’interaction avec de nombreux médicaments.
Ces produits contiennent aussi du THC
Par ailleurs, l’Académie souligne que les produits contenant du CBD «contiennent toujours du THC, mais en quantité variable, ce dont le consommateur n’est pas forcément clairement informé». Autrement dit, en cas de consommation, il subsiste toujours un risque de se faire contrôler positif, quand on fait de la compétition sportive, même si le CBD ne fait pas partie des substances dopantes.
Dans ces conditions, l’Académie souhaite une meilleure information des consommateurs sur les emballages des produits non pharmaceutiques contenant du CBD, notamment les doses en milligrammes consommée par prise, pour mieux évaluer les risques d’interactions. Elle plaide aussi pour une harmonisation de la réglementation et des conditions d’accès, «compte-tenu de la diversité des produits contenant du CBD».



