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Boire de l’eau de pluie : une très mauvaise idée, selon des scientifiques

peut on boire l'eau de pluie

Même si elle tombe du ciel, l’eau de pluie n’est pas forcément un bienfait pour notre corps, car elle comporte des produits chimiques toxiques, les «PFAS», dépassant bien souvent les seuils recommandés, selon une récente étude.

On peut se méfier des eaux chlorées et fluorées du robinet, pour certains «vides d’énergie vitale», ou s’interroger sur les microparticules de plastique contenues dans les bouteilles vendues dans les commerces : l’eau pure, il est vrai, n’existe pas sur Terre… Pas plus que dans les nuages. L’eau de pluie serait même beaucoup plus polluée par l’activité humaine qu’on ne le pensait.

«Il n’y a nulle part sur Terre où l’eau de pluie serait propre à la consommation, d’après les données que nous avons utilisées», constate Ian Cousins, professeur à l’Université de Stockholm, interrogé par l’AFP. Avec ses collègues, ce scientifique a montré, dans une étude publiée dans la revue Environmental Science and Technology, qu’il nous tombe régulièrement sur la tête de nombreux contaminants…

Ces contaminants, ce sont les PFAS, pour substances poly- et perfluoroalkylées, un sigle encore peu connu du grand public. Et pourtant, ils gagnent à être connus. Pour s’en prémunir… On les surnomme aussi «les produits chimiques éternels», parce que leurs liaisons carbone-fluor se désintègrent de façon extrêmement lente une fois dans l’environnement. Et, mine de rien, plus de 4 500 composés chimiques de cette nature sont incorporés dans de nombreux biens de consommation. On en trouve dans les textiles, les emballages, les shampoings, les cosmétiques…

L’eau de pluie n’est pas potable

Bref, un peu partout dans notre environnement, y compris l’eau et l’air. Et pas seulement dans les pays industrialisés. Cette étude suédoise, qui s’appuie sur des données compilées depuis 2010, montre que, même en Antarctique ou sur le plateau tibétain, les niveaux de PFAS dans l’eau de pluie, transportés sur de très longues distances, sont «14 fois supérieurs» aux recommandations américaines pour l’eau potable !

Difficile d’y échapper, donc, et c’est inquiétant, car ces substances toxiques finissent par s’accumuler dans les organismes vivants et se retrouvent dans la chaîne alimentaire. «Ils provoquent une augmentation du taux de cholestérol, peuvent entraîner des cancers, causer des effets sur la fertilité et le développement du fœtus. Ils sont également suspectés d’interférer avec le système endocrinien (thyroïde) et immunitaire», soulignait l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) dans une note récente.

Selon le scientifique Ian Cousins, décidemment pas très optimiste, les PFAS sont maintenant «si persistants» et omniprésents qu’ils ne disparaîtront jamais de la Terre. «On a rendu la planète inhospitalière à la vie humaine en la contaminant de manière irréversible, ce qui fait que plus rien n’est propre», estime-t-il. Il va donc falloir apprendre à vivre avec.

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