«Aujourd’hui, 341 prétendus salons de massage, qui sont en fait des lieux de prostitution, ont pignon sur rue à Paris», s’insurge Florence Montreynaud, historienne et coordinatrice de l’association Zéromacho, citée par Le Parisien.
Avec la Fédération française de massages bien-être, elle a organisé samedi dernier une séance de massages gratuits et «sans finition», place de Lévis, dans un des quartiers les plus touchés, selon elle, par ce phénomène, afin de sensibiliser ses habitants.
Selon la responsable associative, le XVIIe arrondissement arrive en tête avec 50 établissements, suivi par le XVe (49) et le XIIe (38). Des faux salons de massage qui camouflent des prestations sexuelles sous un vocabulaire imagé : massage bonbon, happy ending, body body…
«Dans ces lieux tenus la plupart du temps par la mafia chinoise sont enfermées un millier de femmes», dénonce Florence Montreynaud. Les conditions obscures dans lesquelles ces femmes sont contraintes de travailler l’indignent : âgées en moyenne de 40-45 ans, elles seraient obligées de travailler comme esclaves sexuelles dix heures par jour, six jours sur sept.
Faux salons : lancement d’une pétition
Zéromacho a lancé une pétition demandant l’application de la loi Olivier-Coutelle de 2016, qui aide les victimes à sortir de la prostitution et pénalise les clients, plutôt que les travailleuses du sexe. De son côté, Geoffroy Boulard, maire (LR) du XVIIe arrondissement, affirme avoir demandé à la préfecture de police d’enquêter sur le sujet, poursuit Le Parisien.
Une parlementaire, Caroline Yadan, députée (Renaissance), a aussi pris le dossier en main, posant cinq questions écrites à cinq ministres. En réponse, la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes Isabelle Rome lui a indiqué qu’elle lançait un plan de lutte contre la prostitution, explique Caroline Yadan au Parisien.
Un réseau de proxénétisme démantelé
Au même moment, un réseau de proxénétisme, soupçonné d’avoir exploité des salons de massage chinois offrant des prestations sexuelles tarifées, a été démantelé à la mi-juin, rapporte l’AFP. Les établissements se trouvaient dans plusieurs villes de France, notamment à Saint-Etienne, Saint-Chamond, Lyon, Valence, Chartres et Le Havre.
«Il y avait à sa tête un couple de Chinois installé en région parisienne, des gérantes de salons au niveau intermédiaire et les masseuses en situation irrégulière, qui enchaînent les prestations de 20 minutes, sept jour sur sept, tôt le matin jusqu’à tard le soir», explique Elvire Arrighi, cheffe de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH), citée par l’AFP. En trois ans, le réseau aurait généré un chiffre d’affaires de près de 1,4 million d’euro.
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