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Douleurs : la HAS veut éviter la banalisation des opioïdes

Le danger des opoides

Prescrits pour soulager les douleurs, ces médicaments peuvent induire une dépendance physique élevée. La Haute Autorité de santé (HAS) publie de nouvelles recommandations aux médecins.

«Bien qu’aujourd’hui en France la consommation des opioïdes n’atteigne pas le niveau des États-Unis ou de l’Angleterre, elle est cependant en augmentation», écrit la HAS. Ainsi, près de 10 millions de Français ont eu une prescription d’opioïdes antalgiques en 2015, «chiffre qui serait en hausse ces dernières années», selon elle.

Aux États-Unis, où la surconsommation de ces médicaments a provoqué une crise sanitaire, le nombre de personnes décédées d’une surdose d’opioïdes a dépassé les 100 000 entre avril 2020 et avril 2021, une hausse de 30 % par rapport à l’année précédente, soulignait récemment Ouest-France.

En France, l’enjeu est «de sécuriser l’usage des opioïdes sans en restreindre l’accès pour les patients qui en ont besoin», sur fond de «vieillissement de la population et d’augmentation des maladies chroniques qui favorise la multiplication des symptômes douloureux», explique la HAS.

Pas indiqué en cas de douleurs musculosquelettiques

La Haute autorité souhaite réduire le nombre de surdoses, pour chaque situation où ces médicaments peuvent être prescrits : traitement de la douleur chronique non cancéreuse, de la douleur aiguë, de celle liée au cancer ou encore chez la femme enceinte et allaitante.

Face à la douleur chronique non cancéreuse, la HAS souligne que «les antalgiques opioïdes ne doivent être envisagés qu’en dernier recours». «Ces médicaments ne peuvent pas être prescrits pour des douleurs pelviennes chroniques ou musculosquelettiques», ni contre les migraines, précise la HAS.

Quand des opioïdes sont nécessaires, elle recommande un traitement «de façon progressive, avec des réévaluations régulières en début de traitement, afin d’ajuster la posologie et de surveiller l’apparition d’effets indésirables». Au-delà de six mois de traitement continu, la HAS préconise de «diminuer progressivement le traitement voire de l’arrêter complètement» pour vérifier sa pertinence ou son dosage.

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