Une nouvelle interprétation des pastels, des cheveux attachés ou lâchés en fausse liberté… Tout au long de la
Fashion Week de New York, les hairstylists ont bousculé les codes coiffure, tout en réinterprétant les classiques. Avec des inspirations faciles à reproduire.
S’il y n’avait qu’une seule leçon à retenir de ces défilés, qui se sont déroulés jusqu’au 14 septembre, c’est que la simplicité ne rime pas forcément avec ennui ! Au printemps, les chevelures seront denses et puissantes, toutes empreintes de l’esprit des eighties. Des perruques défiant la gravité aux chignons bas de Tom Ford, en passant par les boucles faussement sages de Nicole Miller, les défilés ont fait la part belle à l’imagination.
Les 37 pastels de Marc Jacobs
Le show Marc Jacobs a clôturé la Fashion Week de New York de façon spectaculaire. Les 37 mannequins avaient confié leurs crinières au maître Guido Paulo et à Josh Wood, directeur artistique de Redken. Son équipe a passé plusieurs heures à réaliser des teintures pastel tendance arc-en-ciel.
Il a fallu d’abord décolorer les matières, puis appliquer une base métallique violette ou platinium pour ne pas obtenir de nuance trop vive, car il fallait rester dans l’esprit de la collection du créateur. Loin de donner dans le résultat licorne, la vague pastel obtenue, du bleu ciel au rose poudré donne ici naissance à un look sophistiqué, avec un rappel de couleur assortie sur les paupières. Les coiffures, elles, allaient du buzzcut ultracourt aux chignons classiques inspiré des sixties.
La queue de cheval superstar
La tendance est déjà en train de conquérir les beautystas : la queue de cheval sur le haut du crâne, très années 90 se traduit en version lisse et bouclée, courte ou très longue, sophistiquée ou du style «je me suis réveillée comme ça». Nous la retrouverons encore au printemps ! Même si elle change un peu de position.
L’hairstyliste Esther Langham a conçu, pour le défilé Ulla Johnson, des ponytails faussement simples. Pour réaliser les nœuds successifs, elle a partagé la chevelure en plusieurs parties, les a texturisées au gel, avant de les travailler et de rassembler les mèches restantes dans une queue de cheval basse avec un bandeau élastique.
Encore plus simple (mais toujours aussi travaillée), la coiffure conçue par Kevin Hughes, directeur artistique de Moroccanoil pour Oscar de la Renta. Les cheveux sont séparés par une raie au milieu droite et rassemblés dans la nuque par un élastique. Une mèche de cheveux est ensuite enroulée autour de l’élastique. A l’arrivée, un look épuré et sophistiqué. Kevin Ryan utilise la même technique sur le show Tadashi Shoji, pour mettre en valeur le maquillage pailleté et les tenues perlées du créateur.
Variations autour d’un chignon
Classique, le chignon ? Pas toujours. Pour Anna Sui, le coiffeur vedette Garren pratique le grand écart : la moitié de la chevelure est ramenée vers l’avant, crêpée et rassemblé en un bun désordonné façon Rockabilly. Le reste des cheveux est lissé vers l’arrière. Sur le runway de LaQuan Smith, les tops arboraient des chignons lâches, adoucis par deux longues mèches le long du visage.
Pour sa part, Odile Gilbert a utilisé une tonne de gel sur le show Naeem Khan, pour réaliser des chignons torsadés dans le bas de la nuque. Le plus surprenant ? Orlando Pita, qui pour accompagner la collection élégante et glamour de Tom Ford, revisite ses classiques avec une raie et des cheveux plaqués sur les côtés, et les longueurs rassemblés dans des chignons bas.
Le naturel réinterprété
Au printemps, les longues crinières resteront naturelles. Mais un naturel, comme toujours, très élaboré. Pour le défilé Monse, Pasquale Ferrante, le hairstylist d’Amika a texturisé les cheveux longs des mannequins, avec un look décoiffé très actuel. Pour Brandon Maxwell, James Pecis retravaille au brushing les volumes lisses. Kien Hoang crée des ondulations et des boucles déstructurées, pour donner l’illusion d’une chevelure naturelle et indisciplinée (show Nicole Miller).
Quant à Anthony Turner, il a décidé de mettre en valeur la texture particulière de chaque cheveu pour le show Prabal Gurung. Si les tops caucasiens affichaient des cheveux lisses brushés, le coiffeur vedette s’est amusé à réinterpréter les tresses africaines sur d’autres. Le gimmick de la tendance de printemps revient sans doute à Guido Paulo, avec son obsession du naturel avec une pointe d’insolite. Pour un carré tout simple (en apparence), il donne du volume à la racine, puis froisse les cheveux encore humides à la main, pour inspirer un mouvement naturel (défilé Coach).



