Neil Jacobs fait partie de ces rares figures du spa international capables de faire bouger les lignes par leur vision et leur énergie. Polyglotte – il parle six langues – et érudit, il a étudié la littérature à la Sorbonne, l’art à Florence, puis la gestion hôtelière à Londres. Homme de terrain avant tout, il s’est pleinement investi dans chaque poste occupé.
En 2012, après 14 ans chez Four Seasons et 4 ans chez Starwood Capital, il rejoint l’équipe de Six Senses, tout juste rachetée par Pegasus Capital Advisors. Fondée en 1995 par l’hôtelier britannique Sonu Shivdasani, l’entreprise exploitait alors 10 complexes hôteliers et spas, ainsi que 18 spas estampillés Six Senses, implantés dans d’autres établissements.
Avec Anna Bjurstam, un binôme à succès
Neil Jacobs entraîne dans son sillage Anna Bjurstam, co-fondatrice du cabinet Raison d’Être, pour développer des concepts et des initiatives à l’échelle mondiale. Le duo fait des étincelles : Six Senses s’imposera très vite comme un pionnier du bien-être, avec une offre désormais axée sur la longévité, le biohacking, la cryothérapie, l’infrathérapie, mais aussi la santé féminine et le bien-être spirituel.
En 2019, lors de la vente de Six Senses à IHG Hotels and Resorts pour la coquette somme de 261 millions d’euros, c’est encore Neil Jacobs qui se trouve aux commandes. Six ans après la cession, le groupe compte aujourd’hui 27 hôtels et complexes hôteliers en exploitation et 38 en projet, et une douzaine de projets résidentiels en cours de réalisation pour une valorisation de plusieurs milliards d’euros.
Son secret ? Une rationalisation constante de l’offre, en ajustant les soins et les protocoles à chaque lieu. Chaque localisation tient du grand écart : les clients locaux recherchent du haut de gamme et du raffinement, et les voyageurs, des rituels authentiques. En mettant l’accent sur le bien-être social dans les établissements de la marque, en capitalisant sur les activités locales et en proposant des forfaits attractifs, Neil Jacobs a mis tout le monde d’accord.
L’artisan d’une hôtellerie « émotionnelle »
L’homme a façonné l’entreprise en menant son expansion vers les centres urbains, les hôtels-boutiques, les complexes hôteliers et les établissements internationaux. Il ne voulait pas voir Six Senses cantonné au rôle d’opérateur de resorts. Son ambition était d’en faire une référence mondiale du bien-être et de l’hôtellerie durable.
On lui doit aussi une vision plus contemporaine du service, avec l’instauration d’une «hôtellerie émotionnelle» centrée sur des expériences fortes et authentiques, tout en restant fidèle à l’esprit ludique et original de la marque.
Dans le même esprit, il a fait du développement durable un pilier de l’ADN Six Senses : sous sa direction, les pratiques écologiques sont devenues une priorité, tant dans les opérations que dans le design des lieux, avec l’appui de Jeff Smith, vice-président du développement durable, et de son équipe.
Aujourd’hui, il s’apprête à quitter Six Senses, mais pas le spa. Fort d’un carnet d’adresses international, Neil Jacobs endossera désormais un rôle de consultant dans l’hôtellerie de luxe et le bien-être haut de gamme, en lançant une société baptisée «Wild Origins». Une nouvelle étape qu’il décrit comme un retour aux sources.
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