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France Thalasso : « On restera ouvert si on peut payer notre électricité »

L'avenir dela thalassothérapie

Face à la flambée des prix de l’énergie, les professionnels de la thalassothérapie se préparent à adopter des mesures pour réduire la facture. Entretien avec Marie Perez Siscar, présidente de France Thalasso.

Marie Perez SiscarProfession bien-être : Les professionnels du tourisme ont salué une saison estivale particulièrement positive cette année. Etait-ce également le cas pour la thalassothérapie ?

Marie Perez Siscar : C’était, pour nous aussi, une très bonne saison avec des beaux taux de remplissage et des clients qui avaient très envie de se faire du bien. Pour toutes les thalassos de France, c’est donc un bon bilan financier. Par rapport à 2019, il a même été excellent. Sur le plan géographique, le sud a très bien fonctionné, sans doute un peu mieux que la côte Atlantique. Quant à la Bretagne, où il a fait plutôt chaud, les retours ont été positifs. Nous aurons les chiffres définitifs dans deux mois.

Comment voyez-vous la saison 2023 ?

C’est difficile de vous répondre, dans la mesure où nos réservations sont d’ultra dernière minute. Les gens, peu rassurés par le contexte économique et international, ne se projettent pas. Mais je reste optimiste et je pense que ça ne changera pas grand-chose. Nos concitoyens auront toujours besoin de se faire du bien et envie de se recentrer sur leur santé. Et comme c’est l’une des promesses de la thalasso, je ne doute pas que le carnet de commandes se remplira, mais toujours à la dernière minute.

Face à un contexte économique qui contraint les responsables de thalassos à naviguer à vue, comment se positionne France Thalasso ?

Vous savez, naviguer à vue dans nos établissements, c’est ce qu’on fait depuis plusieurs années, même si la vue est de plus en plus courte ! Maintenant, ce qui nous pose un problème, c’est l’énergie. Cela mobilise notre intellect collectif pour savoir comment on va faire. On restera ouvert si on peut payer notre électricité. Mais le contexte reste encore très indécis.

La hausse des coûts énergétiques peut-elle mettre en péril la santé financière des établissements ?  

Oui, faites le calcul : quand vous avez une thalasso moyenne qui paye 200 000 euros par an d’énergie, si vous multipliez le prix du gaz ou de l’électricité par cinq, elle se retrouve brusquement avec une facture de 1 million d’euros ! Ce n’est pas possible. Et donc, elle devra fermer.

Vous vous êtes engagés dans des mesures de sobriété énergétique ?

On s’est engagés au niveau du tourisme, notre ministère de tutelle, à être sobres énergétiquement, mais, pour tout vous dire, quand on a un centre de thalassothérapie, comme il n’y a pas d’aide de la part de l’Etat, on fait toujours attention à nos dépenses, notamment énergétiques. On a d’ailleurs compilé tout ce qui se fait déjà.

Par exemple, mettre des couvertures sur les bacs de rétention d’eau chaude, pour conserver la chaleur, faire baisser les températures des piscines de 1 degré – entre 32 et 31 degrés, il n’y a pas beaucoup de différences, mais l’impact est important sur le plan financier -, placer des ampoules Leds, etc. Par ailleurs, tous nos adhérents ont coupé la lumière des enseignes la nuit. On l’avait déjà fait. Il n’y a pas eu besoin d’avoir un mot d’ordre. En revanche, on ne baissera pas la température des soins.

Vous pouvez envisager des fermetures de piscine ?

Mais l’eau de mer, c’est le cœur de notre métier ! Si on doit fermer les piscines, on ferme les établissements. Par contre, une piscine extérieure, est-ce que c’est vraiment judicieux de les chauffer ? Peut-être que nos clients pourront comprendre qu’elle ne soit pas chauffée, s’ils peuvent bénéficier d’une piscine intérieure, qui, elle, reste chauffée pour bénéficier des bienfaits de l’eau de mer.

Doit-on s’attendre à des répercussions sur les tarifs des séjours en 2023 ?

Plusieurs adhérents de France Thalasso m’ont fait part d’une hausse dans leur tarif, entre 5 et 7%, en raison de l’inflation. Mais si nous devions répercuter le surcoût énergétique, on ne pourrait pas demander à nos clients le même effort.

Quand vous êtes arrivée à la tête de France Thalasso, votre politique était le recentrage sur l’eau de mer, face à la multiplication des offres de bien-être, très inspirées par la vogue des spas. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Je pense que toutes les thalassos de France ont pris conscience que remettre l’eau de mer au cœur de notre histoire, avec les algues et les boues, était quelque chose de différenciant pour nous, même s’il y a toujours des centres qui ont une branche spa/bien-être, où l’eau de mer n’est pas nécessaire. C’est important que nous mettions en avant le fait que nous sommes différents. L’eau de mer, ce n’est pas de l’eau du robinet.

Propos recueillis par Georges Margossian. 

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