La révolution néolithique a bouleversé l’alimentation humaine, entraînant l’apparition de maladies dites de «civilisation». Le régime paléolithique propose un retour aux sources en privilégiant une alimentation plus naturelle et diversifiée.
Il y a environ 10 000 à 12 000 ans, l’Humanité a connu une transition majeure appelée la Révolution néolithique. Cette période a marqué le passage d’un mode de vie nomade de chasseurs-cueilleurs à un mode de vie sédentaire fondé sur l’agriculture et l’élevage. Et cette transition a eu un impact important sur notre alimentation !
Pour les tenants du régime «préhistorique», la vie sédentaire a même contribué à l’apparition de maladies dites de «civilisation». En effet, la dépendance accrue à l’égard de quelques cultures domestiquées, en particulier les céréales, a réduit la diversité alimentaire par rapport au régime des chasseurs-cueilleurs, qui consommaient un plus grand nombre de plantes et d’animaux sauvages.
Les régimes alimentaires des sédentaires étant basés sur les céréales, avec des légumineuses et certaines huiles végétales riches en acides gras oméga-6 et relativement pauvres en oméga-3, ce déséquilibre a pu aussi favoriser l’inflammation et contribuer au développement de certaines maladies chroniques. sans parler du manque de vitamine C, moins abondante que dans les fruits et les légumes frais…
Pis, la production et la consommation de céréales raffinées ont augmenté avec l’agriculture et l’industrialisation. Malheureusement, elles ont une valeur nutritionnelle inférieure et un indice glycémique plus élevé que les céréales complètes, ce qui peut contribuer au développement de l’obésité, du diabète et d’autres maladies…
Origine du régime paléolithique
Pour autant, faut-il célébrer l’alimentation de l’homme de la préhistoire ? Oui, si l’on en croit le gastro-entérologue Walter Voegtlin, un des pionniers du régime paléolithique moderne, qui a publié le livre «The Stone Age Diet», en 1975.
Dans ce livre, il soutenait que les humains étaient principalement carnivores et que le régime alimentaire idéal pour la santé humaine devait être principalement composé de viandes, de poissons, de fruits et de légumes, en excluant les céréales, les légumineuses et les produits laitiers.
Dans les années 1980, S. Boyd Eaton et Melvin Konner, respectivement anthropologue et médecin, ont approfondi le sujet, mettant l’accent sur l’importance de consommer des aliments peu transformés, riches en nutriments et faibles en graisses saturées, en sel et en sucre ajouté.
Comment fonctionne le régime paléolithique ?

Le régime paléolithique se concentre sur les aliments entiers et élimine les aliments transformés, les céréales, les légumineuses et les produits laitiers. Les aliments autorisés comprennent la viande, le poisson, les légumes, les fruits, les noix et les graines. Il encourage aussi la consommation de graisses saines telles que l’huile d’olive et l’avocat.
Cette approche alimentaire ne suit pas de phases strictes comme certains autres régimes. Cependant, il est possible de la diviser trois étapes générales, qui peuvent servir de guide pour faciliter la transition vers ce mode de vie.
Phase d’initiation
La première phase consiste à se familiariser avec les principes de base et à commencer à éliminer progressivement les aliments non conformes. Cela inclut les céréales, les légumineuses, les produits laitiers, les aliments transformés et les sucres ajoutés. Pendant cette phase, il est important d’explorer de nouvelles recettes et de se constituer un répertoire d’options alimentaires paléo.
Phase d’adaptation
Le corps commence maintenant à s’habituer à un apport réduit en glucides et à une consommation accrue de graisses saines et de protéines. Cette phase peut s’accompagner de certains symptômes temporaires, tels que la fatigue, les maux de tête et les sautes d’humeur, alors que le corps s’ajuste à ce nouveau mode de consommation.
Il faut toutefois rester patient et donner à son corps le temps de s’adapter à ces changements. Pendant cette période, il peut donc être utile d’ajuster les proportions de macronutriments (glucides, lipides, protéines) pour trouver l’équilibre qui convient le mieux à ses besoins individuels.
Phase de stabilisation
Le régime paléolithique devient une habitude et fait partie intégrante de la vie quotidienne. À ce stade, ses adeptes devraient avoir une meilleure compréhension de leurs besoins nutritionnels individuels et être en mesure de maintenir un mode de vie paléo sur le long terme. Il est important de continuer à expérimenter de nouvelles recettes et de varier les aliments consommés pour éviter la monotonie et assurer un apport équilibré en nutriments.
Avantages-Inconvénients
Le régime paléo peut faire perdre du poids, dans la mesure où il encourage la consommation d’aliments naturels et non transformés, souvent moins caloriques et plus nutritifs que les aliments transformés. De plus, la réduction des glucides raffinés et des sucres ajoutés peut aider à réduire l’apport calorique global et favoriser la perte de poids.
Par ailleurs, les aliments riches en oméga-3 et en antioxydants, tels que les poissons gras, les fruits et les légumes, étant privilégiés, ces nutriments peuvent contribuer à réduire l’inflammation et à prévenir les maladies chroniques associées, comme les maladies cardiovasculaires.
Enfin, comme il met l’accent sur les aliments riches en fibres, comme les fruits et les légumes, il peut avoir une action bénéfique sur la digestion et prévenir la constipation. De plus, l’élimination des aliments potentiellement irritants pour l’intestin, comme les produits laitiers et les céréales, peut aider certaines personnes souffrant de troubles digestifs.
Mais il n’a pas que des avantages… L’élimination de groupes alimentaires entiers, tels que les produits laitiers, les céréales et les légumineuses, peut entraîner un apport insuffisant en certains nutriments, comme le calcium, la vitamine D, les fibres et les vitamines du complexe B.
La réduction de l’apport en glucides peut aussi entraîner une diminution de l’énergie, notamment chez les personnes très actives. Et puis, avec la consommation de viandes crues ou mal cuites, de fruits de mer et d’œufs, comme le préconise parfois le régime paléo, un risque accru d’intoxication alimentaire et de maladies d’origine alimentaire n’est pas non plus à négliger.





