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Microbiote et perte de poids : la méthode du Dr Martine Cotinat

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Oubliez les régimes frustrants ! Dans « Maigrir de plaisir en charmant ses bactéries », la gastro-entérologue Martine Cotinat propose un programme en trois étapes fondé sur la science du microbiote intestinal. Son credo : nourrir ses bonnes bactéries pour mincir durablement.

On l’a longtemps appelé « flore intestinale ». Aujourd’hui, les scientifiques parlent d’un organe à part entière, logé dans nos intestins : le microbiote. Ce monde invisible, composé de 2 kilos de micro-organismes, rassemble plus de 1 000 espèces bactériennes et environ 600 000 gènes, soit 25 fois plus que notre propre génome.

Sa mission ? Réguler la digestion, soutenir le système immunitaire, maintenir l’intégrité de la barrière intestinale, mais aussi participer à l’équilibre hormonal et au contrôle du poids. Un dérèglement de cette communauté microbienne, et c’est tout l’organisme qui vacille.

«Nous devons le considérer comme un organe à part entière», insiste le Dr Martine Cotinat, gastro-entérologue, auteure d’un livre qui va à rebrousse-poil des idées reçues sur la minceur (« Maigrir de plaisir en charmant ses bactéries », Thierry Souccar éditions). Et si les régimes échouaient justement parce qu’ils ignoraient le vrai coupable ? 

Un microbiote déséquilibré, ou dysbiose, peut perturber l’ensemble du métabolisme. Quand il perd en diversité, les effets en chaîne sont bien connus : inflammation chronique, augmentation de la perméabilité intestinale, résistance à l’insuline, prise de poids facilitée…

Plus surprenant encore : l’obésité pourrait se transmettre. Chez l’animal, les expériences sont claires : transplanter le microbiote d’un sujet obèse suffit à faire grossir un sujet mince, même sans modification alimentaire. Chez l’humain, des cas cliniques renforcent cette hypothèse. Alors, par où commencer ? 

Étape 1 : amorcer le changement alimentaire (15 à 30 jours)

Pas de privation, pas de calculs de calories, pas de frustration. Pour le Dr Martine Cotinat, le point de départ vers une perte de poids durable commence par réconcilier l’assiette avec le plaisir, tout en offrant aux bonnes bactéries ce dont elles ont besoin pour prospérer.

L’objectif ? Augmenter progressivement les apports en fibres, en oméga-3 et en micronutriments, grâce à une alimentation plus végétale et moins transformée. Les recommandations sont simples : plus de légumes, plus de fruits, des huiles végétales de qualité et un peu d’activité physique.

Les résultats, eux, peuvent être très rapides. «La plupart du temps, j’observe que la perte de poids s’amorce en moins de 10 jours ; en un mois, la plupart de mes patients perdent 5 à 6 kilos, tout cela sans se restreindre, parfois même en mangeant plus et en se régalant», affirme la spécialiste. Et ce premier pas pose les bases : une baisse de l’inflammation et un début de régulation métabolique, essentiels pour enclencher le processus de transformation.

Étape 2 : structurer l’assiette pour stabiliser la perte (1 à 2 mois)

Une fois les bons réflexes alimentaires installés, il est temps de renforcer la dynamique. La deuxième étape du programme vise à consolider la perte de poids et à éviter les pièges métaboliques. Il s’agit d’abord d’apprendre à manger lentement, mastiquer longuement

La mastication ne sert pas seulement à faciliter la digestion. Elle active les signaux de satiété, réduit les fringales et permet au microbiote d’agir sur le cerveau via la sérotonine. «Manger vite fait grossir», avertit le Dr Cotinat. Il faut aussi choisir des glucides à index glycémique bas : riz complet, légumineuses, céréales anciennes, patate douce… L’accompagnement systématique des féculents par des légumes est aussi fortement recommandé. 

Ne pas oublier, non plus, de miser sur les protéines végétales. Les associations céréales + légumineuses ou légumineuses + oléagineux assurent un apport équilibré en acides aminés, tout en favorisant la croissance des bonnes bactéries. Astuce : la préparation (trempage, cuisson douce, germination) permet de neutraliser les antinutritionnels naturels des végétaux.

Réduire les protéines animales, dans ces conditions, devient inévitable. Viande rouge avec modération (1 fois par semaine), poisson gras privilégié le soir, œufs coque le matin : une consommation ajustée selon le moment de la journée.

Étape 3 : enrichir, stabiliser, vivre le changement (durée illimitée)

Si tout se passe bien, à ce stade, le poids a baissé, l’énergie est revenue, l’assiette a changé. Il s’agit maintenant de consolider les résultats et de maintenir les bénéfices sur le long terme. Pas de durée définie : cette étape s’inscrit dans une nouvelle hygiène de vie.

L’idée n’est plus de suivre un programme, mais de vivre un nouvel équilibre, bon pour soi et pour son microbiote. On commence par approfondir les bonnes habitudes : varier les recettes, explorer de nouvelles saveurs, redonner du sens à ce que l’on met dans son assiette. Le Dr Martine Cotinat recommande des produits locaux, bio et peu transformés, plus riches en nutriments, moins chargés en pesticides.

Autres alliés : les graines germées, concentrées en vitamines et antioxydants, les épices comme le curcuma ou le romarin, aux vertus anti-inflammatoires, et les superaliments (thé vert, chocolat noir, chicorée, aliments Mairgrir de plaisir fermentés), tous précieux pour la flore intestinale. Les jus de légumes frais, consommés avant le dîner, offrent aussi un bon complément de micronutriments.

Derniers conseils : éviter les polluants (pesticides, plastiques, cuisson toxique) et se reconnecter à la nature. Jardiner, caresser un animal ou s’exposer au soleil permet d’enrichir la flore et de synthétiser de la vitamine D, essentielle à l’immunité, au moral et à l’équilibre métabolique. Bref, nourrir ses bactéries, c’est prendre soin de soi ! Avec des effets durables. 

 

Maigrir de plaisir en charmant ses bactéries, Dr Martine Cotinat, éditions Thierry Souccar, 2020, 19,90 euros. 

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Mincir en soignant son microbiote : on récapitule ? 

1 – Pourquoi s’intéresser au microbiote quand on veut perdre du poids ?
✅  Parce qu’il régule digestion, immunité, hormones… et stockage des graisses ! Un microbiote déséquilibré – ou « dysbiose » – favorise inflammation, perméabilité intestinale et prise de poids.

2 – Peut-on vraiment mincir sans se restreindre ?
✅  Oui, selon le Dr Martine Cotinat. En nourrissant les « bonnes » bactéries (fibres, oméga-3, aliments peu transformés), on enclenche une perte de poids durable, sans frustration.

3 – Que faut-il manger pour enrichir son microbiote ?
✅  Des légumes, des légumineuses, des céréales complètes, des huiles végétales, des aliments fermentés et des épices. Le tout bio et local, autant que possible.

4 – Quels sont les ennemis du microbiote ?
✅  Les aliments ultratransformés, les sucres cachés, les édulcorants, les pesticides, les graisses trans et l’excès de protéines animales.

5 – Et côté rythme de vie ?
✅  Dormir suffisamment, manger lentement, bouger régulièrement, éviter le stress chronique et s’exposer à la nature pour diversifier sa flore.

6 – Ce programme convient-il à tout le monde ?
✅ Oui : il s’adresse autant à ceux qui veulent perdre du poids qu’à ceux qui souhaitent améliorer leur santé globale. Le microbiote, lui, ne fait pas de distinction.

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