Députés, médecins, réseau des Villes-Santé de l’OMS, soutenus par des élus de tous bords, plaident pour le développement du sport santé en France avec la mise en place d’un «modèle économique pertinent», dans une tribune au Journal du Dimanche.
Après à cette crise sanitaire sans précédent, «nombreux seront les enseignements et les réflexions à tirer», mais «elle nous montre déjà que les Français auront d’autant plus un besoin de bouger, de pratiquer de l’activité physique et de se libérer du carcan que la crise leur a imposé », affirment les signataires, Belkhir Belhaddad, député de la Moselle, le Dr Didier Ellart, vice-président de l’Association nationale des élus chargé du sport (ANDES), Alexandre Feltz, coordonnateur des villes sport santé du Réseau français des Villes-Santé de l’OMS.
Une cinquantaine de députés et de personnalités, dont l’ancienne ministre des Sports, Valérie Fourneyron, et l’ex-athlète Stéphane Diagana, sont venus soutenir cet appel, aux côtés des élus du groupe de travail sport santé du Réseau français des Villes-Santé de l’OMS. «Faire bouger son corps entre quatre murs peut paraître compliqué, mais combien d’initiatives sportives en ligne ont vu le jour, sans avoir recours à du matériel spécifique ?», soulignent-ils, faisant allusion aux multiples initiatives prises par les Français, durant le confinement, pour pratiquer une activité physique.
«Une activité physique et sportive (APS) régulière, progressive et encadrée permet d’éviter 30% des maladies cardio-vasculaires, 20 à 25% des cancers du sein ou du colon, 50% des diabètes de type 2 et 30% des AVC», poursuivent les signataires, qui rappellent que, si la pratique d’une APS permet d’augmenter l’espérance de vie en bonne santé, cet indicateur «n’a pas évolué de manière significative en France depuis dix ans» et «reste inférieur à la moyenne européenne».
Trouver de nouveaux circuits de financement
Après la loi santé du 26 janvier 2016 et le décret du 30 décembre qui suivit, permettant au médecin traitant de prescrire une physique adaptée aux patients atteints d’une affection de longue durée, les expérimentations permises par la loi de financement de la Sécurité sociale de 2018, l’adoption d’un forfait de soins comprenant un bilan médico-sportif pour les patients atteints d’un cancer ou encore la labellisation de 500 Maisons Sport et Santé d’ici 2022, ils demandent donc aux pouvoirs publics d’aller plus loin.
«Le frein majeur reste le financement», écrivent-ils, estimant que «les circuits sont compliqués», «la volonté politique manque», alors que «les territoires ne sont pas identiquement couverts». «La France aurait besoin d’un modèle économique pertinent, validé et partagé, piloté par les Agences régionales de santé», poursuivent-ils, avec un financement forfaitaire par l’Assurance Maladie.
«Consacrons un pourcentage du montant des travaux sur les bâtiments publics ou privés, à la création d’espaces d’activités physiques et sportives, comme l’a récemment proposé le Conseil d’Etat», préconisent-ils, suggérant, notamment, d’imaginer de nouveaux concepts d’«autoroutes» à vélo. Selon les signataires, le sport santé doit ainsi devenir «une grande cause nationale et une priorité du monde de demain».



