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Réouverture instituts : « Aucune organisation professionnelle n’a été prévenue »

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La réouverture des instituts de beauté a été fixée au mercredi 19 mai. Une date décidée sans concertation avec les professionnels, s’étonne Martine Berenguel, co-présidente de la Cnaib*, l’organisation représentative des esthéticiennes.

Profession bien-être : Aviez-vous des informations sur la date de réouverture des instituts ?

Martine Berenguel : Non. Les bruit de couloir au ministère évoquaient le lundi 17 mai, ce qui nous apportait déjà une bouffée d’espoir. Faut-il vraiment souligner à quel point les esthéticiennes ont hâte de reprendre le travail ? Les aides n’ont qu’un temps, et elles ne suffisent pas. N’oubliez pas que la majorité des praticiennes font ce métier par passion et par goût du contact. Les empêcher de travailler, c’est leur rogner les ailes et les démotiver. Or, leur rôle dépasse de loin l’apparence. En milieu rural, par exemple, elles constituent un vrai lien social.

L’annonce du mercredi 19 a surpris tout le monde. Pourquoi le mercredi, et pas le lundi ?

Oui, c’est incompréhensible. Mais le pire, c’est d’être mis devant le fait accompli, comme la dernière roue du carrosse, après la presse quotidienne régionale. Je précise qu’aucune organisation professionnelle, que ce soit la nôtre ou celles avec lesquelles nous travaillons, comme l’U2P n’a été avertie de la date. C’est dur à accepter. J’avoue le prendre comme une preuve supplémentaire, si besoin était, du mépris dans lequel les autorités tiennent le métier d’esthéticienne, pourtant sanctionné par des diplômes d’État.

Si encore nous étions une profession vieillote, à la traîne… Mais regardez ce qui se passe dans le secteur esthétique ! Si certains instituts n’ont malheureusement pas survécu à la crise, il y a eu aussi des créations d’entreprises, des avancées technologiques, tant sur les équipements que sur les cosmétiques ou même la formation. Nous n’étions pas à jour du digital ? Nous avons fait d’énormes efforts et la plupart des esthéticiennes se sont familiarisées avec le numérique, et avec une rapidité que rien ne laissait prévoir. Elles se sont adaptées avec un dynamisme qu’on ne leur connaissait pas.

Ce troisième confinement vous a semblé injuste ?

En fait, ce n’est pas une simple question d’injustice. Il ne s’agit pas de comparer et de juger la différence avec les salons de coiffure. Mais ce troisième confinement a marqué un vrai changement dans les mentalités. Jamais nous n’avions assisté à une telle explosion de délations, de rivalités, que ce soit entre esthéticiennes à domicile ou travaillant en institut. Et je ne parle pas des établissements qui ont continué à travailler rideau baissé, de façon totalement illégale.

J’espère de tout mon cœur que nous en avons terminé avec les confinements. Car une quatrième fermeture des instituts risque d’être fatale. Et pas seulement sur le plan économique. Après ce que nous avons vécu au mois d’avril, que se passerait-il ? Les gens ne se contenteraient pas de dénoncer leur voisin, ils en viendraient aux mains…

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

(*) Confédération nationale artisanale des instituts de beauté et spas.

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