À l’heure où de nombreux salariés s’interrogent sur la suite de leur carrière, une enquête de France Compétences tord le cou à certaines idées reçues sur la reconversion professionnelle.
Se former, changer de métier, de secteur d’activité, d’employeur… Près de six actifs en emploi et huit chômeurs sur dix ont entrepris ou envisagent de changer de vie professionnelle, indiquait en décembre le troisième baromètre de l’institut Elabe pour l’Unédic. Pour autant, la reconversion professionnelle est loin d’être un chemin linéaire, dont chaque étape serait clairement balisée…
En fait, il n’existe pas de voie unique pour les reconversions professionnelles, relève France Compétences dans une enquête sur les changements de parcours professionnels réalisée auprès de 886 personnes ayant choisi de se reconvertir au cours des cinq dernières années. Son premier constat : reconversion ne rime pas forcément avec changement de métier.
En effet, seulement 53% des reconversions recensées par l’opérateur national de la formation professionnelle concernent un changement de métier. «Les autres consistant en une promotion au sein de l’entreprise d’origine ou un changement du statut de salarié à celui d’indépendant voire l’inverse», souligne-t-il dans une note de synthèse. Ainsi, dans plus de la moitié des cas, «l’entreprise – initiale ou d’arrivée – sert de cadre au projet de reconversion».
Les temps de préparation sont également variables. Il y a ceux qui mûrissent leur projet de longue date et ceux qui choisissent un jour… de sauter le pas. «Pour 42% des personnes interrogées, inscrites dans une dynamique opportuniste et non pas vocationnelle, il s’écoule seulement quelques semaines entre l’idée et l’engagement dans un parcours», ajoute France Compétences.
Des salariés souvent très mobiles
Ce qui est plus fréquent, en revanche, c’est l’accompagnement. Les deux-tiers des personnes en reconversion en ont bénéficié et près de 60% ont suivi une formation, alors que 15% d’entre elles n’ont recouru à aucun de ces deux leviers, relève l’étude, même si, là encore, aucun dispositif n’est prépondérant dans les parcours.
Quant aux motivations, l’étude montre que l’insatisfaction professionnelle, liée au contenu du travail ou aux conditions d’emploi, revient assez régulièrement dans les réponses des candidats à la reconversion. Mais elle se combine toujours à d’autres facteurs : opportunité, existence d’un projet préalable, problème personnel ou de santé. «Ce mélange de facteurs déclencheurs bat en brèche l’idée selon laquelle les reconversions seraient soit volontaires, soit subies», fait remarquer France Compétences.
Parmi les profils les plus récalcitrants, l’étude montre que les individus les moins susceptibles d’engager une reconversion sont ceux «dont la carrière a été la plus figée au même poste, et qui n’ont bénéficié d’aucune mesure d’entretien de leur employabilité», contrairement aux salariés qui ont connu des évolutions professionnelles. «Un tel constat incite à prendre ses distances avec une supposée résistance au changement», en conclut France Compétences.



