L’Union des entreprises de proximité (U2P), qui regroupe artisans, petits commerçants et professions libérales, veut que les entreprises de moins de 11 salariés soient mieux représentées et que leurs besoins en compétences soient davantage pris en compte.
Après le Medef et la CPME, c’est au tour de l’U2P de présenter ses doléances à deux mois du scrutin présidentiel. Dans un document, elle dévoile «les 20 priorités des entreprises de proximité pour le quinquennat», qui serviront de base de discussion avec les candidats, «dans le cadre d’une audition qui se tiendra le 17 mars 2022», précise le syndicat patronal.
L’un des axes prioritaires (il y en a cinq), que l’organisation professionnelle met en avant, c’est la place des TPE dans les négociations sociales. «En l’état actuel des règles de mesures de la représentativité patronale, la voix des plus petites entreprises est confisquée par les plus grandes», affirme l’U2P dans son document.
Selon la mesure de l’audience patronale réalisée l’an passé par le ministère du Travail, l’U2P compte 203 715 entreprises adhérentes, soit plus que le Medef (125 929). Mais les entreprises affiliées au Medef regroupent plus de 9,3 millions de salariés, contre seulement un peu plus de 700 000 pour l’U2P.
La priorité de l’organisation patronale est donc de réformer le calcul de la représentativité dans les branches professionnelles, pour le rendre plus favorable aux petites entreprises. Elle propose deux réformes : mesurer la représentativité patronale via l’adhésion des entreprises à une organisation professionnelle et «donner le droit d’opposition à un accord aux organisation représentant plus de 50% des entreprises adhérentes».
Par ailleurs, si les ordonnances de 2017 ont permis aux entreprises de moins de 50 salariés de négocier un accord directement avec un délégué du personnel, sans être obligées de passer par le mandatement d’un salarié auprès d’un syndicat, «le seuil de 50 salariés ne permet pas d’appréhender réellement la situation des plus petites entreprises», regrette l’U2P, qui propose d’instituer «une double représentativité au sein des branches professionnelles et de l’interprofession pour les entreprises de moins de 11 salariés et celles de 11 salariés et plus».
Orienter vers les métiers en tension
D’autres propositions sont formulées. Afin de «conforter et pérenniser la baisse du coût du travail», l’U2P souhaite que «le plafond des allègements généraux de charges sociales soit porté à 3 Smic» contre 2,5 Smic actuellement. Au moment où beaucoup de TPE peinent à recruter, elle réclame aussi une meilleure anticipation des besoins en compétences des petites entreprises» et demande à Pôle Emploi «d’orienter les actifs en recherche d’emploi vers les métiers en tension».
Par ailleurs, constatant «qu’un nombre considérable de petites entreprises ne trouvent pas de repreneur», l’organisation présidée par Dominique Métayer suggère «la création d’un fonds d’aide à la création-reprise des entreprises de proximité», ainsi que d’un autre fonds pour soutenir leur «transformation écologique et numérique». L’U2P veut aussi que soient amplifiées «les actions de revitalisation des centres-villes et des centres-bourgs» et que l’accès au haut débit soit «effectif en tout point du territoire».
Enfin, plus globalement, elle propose un modèle de société «qui valorise le travail indépendant autant que le salariat». Toutefois, opposée de longue date au statut d’auto-entrepreneur, elle demande que ce dernier soit «limité à deux ans pour les personnes exerçant leur activité à titre principal». Sa vocation première, estime-t-elle, «est d’accompagner le démarrage d’une activité».



