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Martine Berenguel : « Arrêtons de jeter l’opprobre sur les esthéticiennes ! »

ESTHÉTICIENNE EN SOIN

Réagissant à un reportage de France 2 sur les injections clandestines, Martine Berenguel, co-présidente de la CNAIB, regrette l’amalgame fait, selon elle, entre une pratique dangereuse et la profession d’esthéticienne.

L'équipe de BRO ParisProfession bien-être : Comment avez-vous réagi à la vision de ce reportage ?

 Martine Berenguel : Tout dépend si on parle du fond ou de la forme. Sur le fond, nous sommes d’accord avec les médecins esthétiques. Pour faire des injections, il faut une formation, un diplôme et un encadrement pour assurer la sécurité du consommateur. Au printemps dernier, nous avons soutenu l’interdiction du Hyaluron Pen, que l’on voit d’ailleurs utilisé dans ce reportage.

Ce n’est pas une technique à mettre entre toutes les mains, et elle ne fait pas partie de la formation de base de l’esthéticienne, à laquelle toute effraction cutanée est interdite. Et si nous nous battons en tant que syndicat pour permettre aux esthéticiennes d’utiliser de nouvelles technologies, c’est toujours dans le cadre d’une formation et d’un contrôle sérieux.

Alors, parlons de ce qui vous a gênée ?

C’est la forme, bien sûr. Une fois de plus, on établit un amalgame entre pratique dangereuse et profession d’esthéticienne. Je voudrais rappeler que les esthéticiennes ont un diplôme d’Etat et une formation longue, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas des prothésistes ongulaires. Il faudrait arrêter d’accuser les esthéticiennes chaque fois qu’une activité déborde de son cadre et de jeter l’opprobre sur elles en cas de dérive !

Or, nous parlons ici d’injections clandestines, effectuées par des personnes qui n’évoquent en rien des esthéticiennes diplômées. L’appartement filmé dans le reportage avec ses paravents instables n’a rien à voir avec un institut et la façon dont on y pratique les soins.

Soyons clairs : dans cette démarche, tout le monde est condamnable : que ce soit la «praticienne», qui usurpe un statut de diplômée, quand elle n’affiche pas directement un faux diplôme, le fournisseur, qui lui a vendu le matériel malgré l’interdiction, et même la cliente, qui cherche une prestation à bas prix, sans prendre en considération sa santé.

Internet serait alors le principal danger ?

Il faut dire que le Web autorise toutes les dérives. N’importe qui peut acheter un Hyaluron Pen sur Internet et, parmi les personnes qui pratiquent ces injections, on trouve de tout, même des influenceuses beauté, qui ont trouvé là un bon moyen d’arrondir leurs fins de mois. Les réseaux sociaux constituent aussi un bon moyen de recruter des clientes, en affichant de fausses références et des prix défiant toute concurrence. C’est un terrain de choix pour les escrocs !

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

(*) Confédération nationale artisanale des instituts de beauté.

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