Le phénomène ne touche pas que la coiffure et l’hôtellerie-restauration : les difficultés de recrutement sont la première préoccupation des patrons de PME, selon le baromètre Bpi France-Rexecode.
Alors que les signes d’un rebond se multiplient, «les difficultés de recrutement redeviennent de loin la première préoccupation des dirigeants», les contraintes de demande passant au second plan, relève ce baromètre trimestriel. Rassurées sur leur trésorerie, les TPE-PME prévoient d’ailleurs d’investir, mais la pénurie de main d’œuvre les inquiète.
Ainsi, le recrutement est un frein pour 56% des dirigeants (+21 points sur un an), même si c’est légèrement moins qu’avant-crise (59% au troisième trimestre 2019). «La reprise est là, mais elle reste fragile», notait la CPME dans son enquête de conjoncture, réalisée fin août, 57% des patrons de PME déclarant avoir dû renoncer à des marchés ou à des projets, faute d’avoir pu embaucher.
La crise sanitaire a exacerbé les tensions dans des secteurs où les difficultés de recrutement sont désormais structurelles, notamment la coiffure, sur le fil du rasoir depuis plusieurs années. Et si les coiffeurs ont applaudi l’abrogation de l’arrêté de 1992 sur les quotas d’apprentis, les CV ne vont pas se multiplier du jour au lendemain.
«En 2013, le président de la République, François Hollande, cesse les aides aux entreprises pour les apprentis. Il faut entre 5 et 7 ans pour former un jeune. Cinq ans après, à partir de 2018, on est en rupture. Pourquoi ? Parce qu’on a moins formé d’apprentis à ce moment-là», expliquait à Profession bien-être Christophe Doré, le président de l’Unec.
« La revalorisation de nos métiers est un impératif »
L’hôtellerie-restauration fait aussi partie des secteurs les plus touchés, avec 100 000 emplois encore non pourvus… «Face à la pénurie de main-d’œuvre, la revalorisation de nos métiers est donc un impératif», assure Thierry Grégoire, président de la section «Saisonniers» de l’Union des métiers et des industries hôtelières (Umih), dans une interview à Info-Social RH.
En attendant, des négociations sur la revalorisation des salaires «devrait s’échelonner entre +6 et +8,5 % en anticipant la future augmentation du Smic en janvier», annonce le responsable, faisant ainsi écho à la ministre du Travail, Elisabeth Borne, qui estimait, début septembre, que le levier salarial était un moyen de lutter contre le manque de main d’œuvre dans l’hôtellerie-restauration.
Lundi, aux côtés du Premier ministre, Jean Castex, qui présentait son plan Compétences, Élisabeth Borne a pointé «la situation paradoxale» consistant à avoir des entreprises «qui ne parviennent pas à recruter» et «des chômeurs qui ne parviennent pas à retrouver un emploi». Plusieurs actions vont être lancées, notamment en faveur de la formation professionnelle des demandeurs d’emploi.



