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Les Chambres de métiers et de l’artisanat alertent sur un modèle d’apprentissage fragilisé

Dans une lettre ouverte diffusée mercredi, le réseau des Chambres de métiers et de l’artisanat met en garde contre une remise en cause de son modèle historique d’apprentissage, jugé menacé par la baisse des financements et des effectifs.

Intitulée «L’apprentissage dans l’artisanat : la fin d’un modèle gagnant ?», CMA France rappelle que le réseau défend depuis sa création un système fondé sur «la proximité, l’excellence technique, l’accompagnement des jeunes et la vitalité économique des territoires».

Chaque année, plus de 110 000 apprentis sont formés dans les centres de formation des CMA, dont 90 % préparent un diplôme de niveau bac ou infra-bac, précise la lettre. Ces formations sont, selon le réseau, celles qui ont «l’impact le plus important sur l’accès des jeunes à l’emploi». 

Un modèle fragilisé par les réformes

«L’apprentissage a toujours été, reste et doit rester l’ADN de l’artisanat », souligne le texte. Mais la situation se dégrade, selon les signataires. «Notre capacité à former les artisans de demain est gravement menacée», écrivent-ils, évoquant une baisse des financements et, «pour la première fois depuis 2013, une baisse des effectifs de l’ordre de 6 %».

Le réseau revient sur la réforme de 2018, qu’il dit avoir soutenue. Celle-ci a permis une forte hausse du nombre d’apprentis, les effectifs ayant été «multipliés par deux, presque par trois», notamment dans l’enseignement supérieur. Mais les CMA estiment que cet essor s’est fait au détriment de l’équilibre entre les niveaux de formation.

Dès 2022, le réseau dit avoir alerté le gouvernement sur «la nécessité d’un pilotage stratégique » du financement. «Ces signaux d’alerte (…) n’ont jamais donné lieu aux mesures correctrices indispensables», déplore-t-il, dénonçant aussi «l’irruption massive de nouveaux opérateurs à la recherche de marges».

Des coupes budgétaires en cascade

Par ailleurs, les CMA critiquent les révisions à la baisse des niveaux de prise en charge décidées en 2022 et 2023, dont les effets doivent s’appliquer à partir de septembre 2025. Elles évoquent «une baisse de – 8 % en moyenne des moyens», une perte estimée à 30 millions d’euros en 2025 et un «résultat d’exploitation au-dessous de zéro».

Selon le réseau, ces difficultés financières entraînent déjà des fermetures. «Dès 2024, plusieurs CMA ont dû fermer ou ‘geler’ des sections», faute de pouvoir couvrir leurs coûts. La tendance se serait poursuivie en 2025 et pourrait devenir «critique en 2026».

Les signataires mettent en garde contre un enchaînement négatif. La baisse des effectifs risquerait, selon eux, d’alimenter «une spirale catastrophique pour la formation des apprentis», conduisant à de nouvelles fermetures. Ils pointent plusieurs causes, dont la baisse de la démographie, les incertitudes économiques, la concurrence accrue et l’instabilité des aides publiques.

Face à cette situation, le réseau en appelle «à la responsabilité du gouvernement». Il demande «la mise en œuvre immédiate d’un pilotage stratégique du financement de l’apprentissage» et «une révision des NPEC» afin de couvrir les coûts réels, en priorité pour les formations de niveaux Bac et infra-Bac.

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