Les artisans se disent confiants pour la rentrée, selon un sondage présenté mardi par CMA France. Leurs principales inquiétudes sont l’inflation et les difficultés d’approvisionnement en matières premières.
Le secteur tient le cap dans la tempête. Plus de 56% des 2 000 artisans interrogés par le réseau national des chambres de métiers et de l’artisanat se déclarent confiants malgré les mauvaises nouvelles sur le plan économique. Ils estiment que ce sont la hausse du prix du carburant (28,5%), la reprise de l’inflation hors énergie (18,6%) et les difficultés d’approvisionnement en matières premières (12,8%) qui leur posent actuellement le plus de problèmes.
Près de la moitié des personnes interrogées (46,2%) reconnaissent d’ailleurs avoir limité leurs déplacements pour économiser du carburant, tandis que 30% d’entre elles se sont lancées dans la chasse au gaspillage (extinction des lumières, baisse du chauffage, etc.) au cours des six derniers mois.
Vient ensuite le manque de main d’œuvre (9,9%), alors qu’un quart des entreprises artisanales se disent prêtes à recruter dans l’année à venir, ce qui représente environ 500 000 emplois disponibles, selon CMA France. «Cela veut dire qu’il faut qu’on forme de nouvelles compétences», a expliqué Julien Gondard, directeur général de CMA France, lors de la présentation des résultats de l’étude.
L’artisanat continue de se développer
Face à l’inflation et à la guerre en Ukraine, les artisans se disent donc «combatifs», poursuit la réseau. Seuls 14,1% des sondés déclarent vouloir céder leur entreprise, les autres préférant se concentrer sur leur activité pour la pérenniser. Par rapport au premier semestre 2021, près d’un cinquième (21,3%) constate même un chiffre d’affaires en hausse, tandis que, pour près de 46% d’entre eux, il est resté stable.
«On est dans un situation économique plus préoccupante, mais les chiffres sont extrêmement positifs. Nous sommes à 1,830 million d’entreprises artisanales, c’est-à-dire 80 000 de plus au premier semestre 2022. Ça veut dire que l’artisanat continue de se développer», a constaté Joël Fourny, le président de CMA France.
Reste que le contexte a bien changé depuis la sortie de la crise sanitaire, en mars, d’où «une certaine prudence» de la part des artisans, qui, selon le sondage, mettent de côté les projets d’avenir pour se consacrer davantage à des investissements qui leur permettront de s’adapter à la nouvelle donne économique (renouvellement et modernisation de l’équipement, rénovation et aménagement des locaux, etc.).



