Au premier semestre 2022, 71% des 173 000 licenciements pour faute grave ou lourde ont été motivés par un abandon de poste, soit 123 000 d’entre eux, selon la Dares.
Au premier semestre 2022, 123 000 salariés, dont 116 000 en CDI, ont été licenciés pour faute grave ou lourde dans le secteur privé, après avoir quitté leur entreprise sans fournir d’explication à leur employeur, selon cette étude de la direction statistique du ministère du Travail (Dares).
Parmi les abandons de poste ayant donné lieu à un licenciement – ou à une rupture anticipée de contrat à durée déterminée -, 94% des cas étaient définitifs, les abandons temporaires étant beaucoup plus rares (6%), c’est-à-dire une absence injustifiée d’un salarié qui est ensuite revenu à son poste de travail. Les secteurs les plus touchés sont le commerce, le transport et l’entreposage, totalisant à eux trois 41 000 abandons de CDI en six mois.
Autre enseignement : en ce qui concerne ceux qui ont quitté un CDI, plus de la moitié (55 %) se sont inscrits à Pôle emploi dans les trois mois, 43% ont ouvert des droits durant la même période, ce qui représente environ 50 000 personnes, et plus du tiers (37%) ont accédé au moins une fois à un nouvel emploi dans le même laps de temps.
Près du tiers retrouvent un CDI
Pour ces derniers, 30% ont retrouvé un CDI. «Cette proportion est identique à celle observée pour les salariés mettant fin à leur CDI par une rupture conventionnelle, eux aussi potentiellement éligibles à l’assurance chômage, et nettement inférieure à celle des démissionnaires, qui ne le sont pas (69 %)», note la Dares.
Le phénomène n’est donc pas anodin, si l’on en croit cette étude, qui vient conforter la position du gouvernement, dont un décret assimilera bientôt un abandon de poste sans raison valable à une démission. Le texte devrait être publié au Journal officiel à la fin du mois de mars.



