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«Le développement durable peut augmenter la rentabilité d’un institut»

Emilie Nanneix est chargée de mission à LA CANIB-sp pour le développement durable

Associé le plus souvent à une augmentation des coûts, le développement durable peut pourtant profiter à la gestion d’un institut de beauté, estime Emilie Naneix, chargée de mission à la Confédération nationale artisanale des instituts de beauté (Cnaib-Spa).  

L'équipe de BRO Paris
Profession bien-être : Le développement durable ne semble pas être la priorité des gérantes d’institut…

Émilie Naneix : Détrompez-vous ! C’est à la demande des esthéticiennes que la Cnaib a créé en 2013 un label «développement durable» pour les instituts. Il s’agit d’un label RSE – pour évaluer la responsabilité sociétale des entreprises – s’appuyant sur la norme ISO 26000.

N’est-ce pas rajouter une obligation supplémentaire et des frais à une gestion déjà lourde ?

En fait, les labels RSE ne sont pas soumis au contrôle d’organismes de certification, comme l’Afnor. L’ISO 26000 est une norme dite d’application générique dans n’importe quel secteur d’activité. Aujourd’hui, les syndicats et les fédérations professionnelles s’engagent pour avoir des approches sectorielles, de façon que les filières s’approprient plus facilement et plus rapidement les enjeux RSE. La Cnaib s’est donc positionnée très vite en créant ce label pour permettre aux chefs d’entreprise de s’impliquer en devenant «institut responsable pour une beauté durable».

Comment intervenez-vous ?

Pour les aider, nous avons mis en place des outils avec une formation, une grille d’auto-évaluation, des conseils techniques par un expert externe et des audits d’entreprises. Il s’agit d’une démarche d’amélioration continue, qui est dédiée uniquement à la profession de l’esthétique. Et les frais sont minimes : la formation est prise en charge dans le cadre de la formation continue, et la grille d’auto-évaluation, très précise, permet d’adhérer au label, après validation par la Cnaib. Cette adhésion est valable trois ans. Au bout de cette période, l’institut sera visité par un expert extérieur pour garantir la transparence de la démarche.

Votre label est-il reconnu officiellement ?

Dès 2016, nous avons signé une convention d’engagement volontaire, d’une durée de trois ans, avec le ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer – devenu le ministère de la Transition écologique – et le ministère de l’Économie. Il s’agissait à l’époque de se fixer des objectifs de développement des actions RSE des esthéticiennes, mais aussi de servir d’exemple à d’autres branches artisanales.

En pratique, que peut apporter ce label à un institut ?

Tout d’abord, et ce n’est pas négligeable, la formation apprend à l’esthéticienne de mieux gérer son entreprise. En suivant les principes exposés, un établissement de 100 m2 peut ainsi économiser 50% de frais d’électricité dans l’année. De même pour les coûts en eau ! La démarche RSE permet aussi de réduire les déchets. Compte tenu des emballages des produits, les instituts génèrent des déchets importants. Nous essayons ainsi d’inciter les marques à diminuer plastiques, cartons et cellophane, au profit de contenants en verre par exemple, ce dernier étant recyclable à l’infini.

Mais le label permet aussi de se différencier auprès de sa clientèle, voire de trouver de nouveaux marchés, en répondant à la demande croissante d’un public de plus en plus concerné par la protection de la planète. C’est un atout concurrentiel, qui insère l’entreprise dans le contexte local et consolide sa réputation. Et il ne faut pas oublier que cela permet aussi de fédérer et mobiliser les équipes, en valorisant le savoir-faire en interne.

Tous les instituts peuvent-ils adhérer ?

Non seulement tous les instituts qui en ont la volonté, peuvent entreprendre la démarche, mais celle-ci concerne aussi les esthéticiennes à domicile. La seule obligation pour adhérer, c’est de posséder un diplôme d’esthétique. Qu’elles pratiquent en institut ou à domicile, les esthéticiennes ont des préoccupations identiques, comme la gestion des déchets, la relation avec leur clientèle, l’interaction avec d’autres commerces et la gestion économique de leur activité.

En fait, entreprendre une démarche RSE, ce n’est pas seulement vendre des produits bio, éteindre les lumières ou effectuer le tri sélectif des déchets. C’est adhérer à l’idée que le développement durable est la réponse à nos besoins actuels sans compromettre les besoins des générations futures. Un institut qui pratique la RSE cherche à produire un impact positif sur la société, à protéger l’environnement tout en étant rentable.

Les esthéticiennes se sentent-elles concernées ?

Les esthéticiennes sont de bonne volonté, mais ignorent souvent les mesures qu’elles peuvent prendre pour se lancer dans une démarche RSE. C’est souvent à l’occasion de la formation que nous proposons qu’elles découvrent de nouvelles pistes.

Combien d’établissements ont déjà adhéré au label ?

À l’heure actuelle, nous avons 116 instituts détenteurs du label. Mais nous faisons face en ce moment à des demandes croissantes. La pandémie semble avoir sensibilisé les esthéticiennes aux problèmes de l’environnement.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

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