Le recours à des «délestages tournants» est de moins en moins une hypothèse de travail. Le gouvernement presse les préfets à anticiper d’éventuelles coupures d’électricité dans leurs départements.
Le gestionnaire du réseau électrique RTE anticipe désormais un risque «élevé» de tensions en janvier 2023, en raison du redémarrage plus lent que prévu de réacteurs nucléaires EDF. Des coupures ne sont donc pas à exclure, même si le nombre de jours concernés devrait être limité.
Ce scénario pousse le gouvernement à envisager la possibilité de délestages, destinés à soulager le système électrique. Chaque préfet va recevoir une circulaire pour faire le point sur la conduite à tenir en cas de coupure et préparer les entreprises et les habitants, selon les informations de l’AFP.
Une partie de la population, jugée prioritaire ou raccordée à une ligne prioritaire, ne sera toutefois pas concernée par ces mesures, «ce qui concerne 40% des gens», d’après le gouvernement, ajoutant que les délestages ressembleront aux taches d’une «peau de léopard». Aucun département ne devrait donc être délesté en entier.
Concrètement, les coupures auraient lieu aux moments des pics de consommation : entre 8h et 13h le matin, et entre 18h et 20h le soir. Un signal EcoWatt rouge serait émis trois jours à l’avance. Les Français n’apprendraient toutefois que la veille des délestages, à partir de 17h, quels départements seraient concernés. Pour cela, ils devront renseigner leur adresse sur un site Internet d’Enedis et de RTE, qui gèrent le réseau français de transport et de distribution de l’électricité.
Portable et téléphone hors service
Toujours selon l’AFP, une cellule interministérielle de crise travaille sur l’hypothèse que six à dix délestages seront nécessaires sur la période, et des délestages de deux heures touchant six millions de personnes en même temps. Le pire est aussi envisagé, c’est-à-dire un scénario de black-out, même si le gouvernement l’estime peu probable.
Pour les urgences, il sera recommandé de privilégier le 112. Une cartographie des zones blanches – indiquant les antennes téléphoniques relais qui seraient coupées – est en cours de réalisation, car des coupures de courant entraîneront des interruptions de communications de téléphonie mobile et fixe.
«Il est illusoire d’imaginer qu’en cas de délestage, on saura maintenir un service continu pour l’ensemble des Français. Les services mobiles, s’ils sont éteints dans une zone géographique pendant deux heures, il n’y aura pas d’accès aux services de numéro d’urgence pendant un temps», a déploré Christel Heydemann, directrice générale d’Orange, mercredi, lors d’une audition devant la Commission des affaires économiques du Sénat.
Avec l’AFP.



