Avec l’apprentissage, le compte personnel de formation (CPF) figure parmi les principaux leviers d’économies du budget 2026 dans le champ du travail et de l’emploi. Selon Les Échos, le gouvernement Lecornu prévoit de limiter, voire d’arrêter, le financement de certaines formations jugées trop coûteuses, «quitte à aller plus loin» que le projet envisagé cet été par François Bayrou.
Le texte présenté en Conseil des ministres, la semaine dernière, prévoit la mise en place d’un plafond d’utilisation pour certaines formations très demandées, notamment le permis de conduire et la validation des acquis de l’expérience (VAE). Ce plafond s’ajoute au reste à charge de 100 euros instauré en mai 2024 pour chaque dossier CPF.
Mais «la copie est beaucoup plus sévère s’agissant des bilans de compétences», souligne le journal Les Échos. Alors que d’autres dispositifs sont encadrés, le bilan de compétences devrait disparaître, sans mesure de transition prévue à ce stade. D’après la Caisse des dépôts, gestionnaire du CPF, il représentait en 2024 la troisième formation la plus souscrite, avec 80 000 dossiers, soit 6% du total des achats CPF.
Le profil des bénéficiaires est largement féminin (70% de femmes) et les prestations affichent un coût moyen de 1 950 euros, pour un coût global estimé à 156 millions d’euros. En janvier 2025, 2 762 organismes proposaient encore des bilans de compétences sur l’application Mon Compte formation.
Le coût élevé des bilans de compétences
«S’agissant spécifiquement des bilans de compétences, leur coût unitaire n’a cessé d’augmenter et les actions de lutte contre la fraude initiées depuis 2022 ont mis en avant la part disproportionnée parmi les établissements fraudeurs des organismes proposant des bilans de compétences», soutient le gouvernement, cité par Les Echos.
L’exécutif invoque donc trois arguments principaux : la hausse continue du coût unitaire des prestations, la présence disproportionnée d’acteurs fraudeurs dans ce segment et un recentrage du CPF sur les formations certifiantes et directement liées à l’emploi. La réaction ne s’est pas fait attendre.
Toujours selon Les Échos, la résistance s’organise autour d’un front commun de fédérations et de syndicats qui plaident pour un encadrement plus strict plutôt qu’une suppression totale. «Nous ne laisserons pas disparaître le bilan de compétences, qui sécurise les reconversions», ont prévenu Les Acteurs de la compétence.
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