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Coûts énergétiques : l’«amortisseur électricité», une fausse bonne idée pour les TPE?

economies d'énergie

Pour les entreprises qui ne sont pas éligibles au bouclier tarifaire, le gouvernement prévoit un «amortisseur électricité» pour 2023. Un nouveau dispositif pas forcément avantageux pour les petites entreprises, estime Marc Sanchez, président du Syndicat des indépendants et des TPE*.

MARC SANCHEZProfession bien-être : Le dispositif «amortisseur électricité» entrera en vigueur le 1er janvier. En quoi consiste-t-il ?

Marc Sanchez : Pour rappel, plusieurs dispositifs existent déjà. Vous avez d’abord les entreprises qui sont dans le tarif régulé, c’est-à-dire celles qui ne dépassent pas le seuil de 36 kVA par an : l’augmentation tarifaire a été, pour elles, de 4% sur l’exercice 2022 et sera de 15% sur celui de 2023, comme le prévoit le projet de loi de finance.

Pour les entreprises qui dépassent ce seuil, un dispositif prend en charge entre 20 et 25% de l’augmentation globale de la facturation, sur la base d’une comparaison entre les consommations de 2021 et 2022. Il est en vigueur jusqu’au 31 décembre. A partir du 1er janvier, c’est un nouveau dispositif, l’«amortisseur électricité», qui prendra le relai.

Avec lui, la facture sera divisée en deux. Il y aura la part Arenh, qui est la partie énergie nucléaire, où les entreprises seront tarifées à moitié de la facturation, sur une base de 49 euros /MWh, plutôt qu’au prix du marché. L’autre partie de la facture ne sera pas régulée jusqu’à une hauteur de 325 euros. La prise en charge de l’Etat interviendra donc dans un «tunnel» compris entre 325 et 800 euros le kW, où la part estimée de prise en charge sera à peu près de 25%.

Selon vous, les TPE en sortent-elles gagnantes ?

Non. Car, même si vous intégrez la part prise en charge par l’Etat, le saut reste encore énorme ! Quand on regarde le delta d’augmentation entre 2022 et 2023, il atteint quasiment 15 000 euros sur l’année pour une entreprise de moins de 10 salariés, ce qui représente une charge très lourde à supporter.

Il faut savoir aussi que, si vous aviez une facturation à 100 euros le kW l’année dernière et que vous prenez un fournisseur qui va vous facturer à 200-250 euros, voire 300 euros, cela multiplie par trois votre prix au kW, mais que, pour autant, vous ne rentrerez pas dans le dispositif amortisseur électricité, parce que l’aide démarre à partir de 325 euros !

En résumé, toutes les entreprises au dessus du seuil de 36 kVA par an vont voir leur part énergétique monter de manière très importante.

On sait que la hausse du prix de l’électricité a des conséquences lourdes sur des métiers comme la boulangerie ou la boucherie. Qu’en est-il de la coiffure et de l’esthétique ?

Cela peut impacter, bien sûr, des établissements de coiffure et d’esthétique. Au total, nous estimons que la problématique du coût des énergies concerne 600 000 TPE dans tous les secteurs d’activité, avec des impacts plus importants, en effet, pour les boulangers, traiteurs, bouchers ou fleuristes.

Ce qu’il faut retenir, c’est que plus vous dépassez le seuil des 36kVA, plus la facture risque d’être très salée. Ajoutez à cela d’autres problématiques comme le remboursement des PGE ou les dettes Urssaf, et vous avez tous les ingrédients d’une implosion sur le terrain… Les autorités allemandes ont plafonné le prix du mWh à 130 euros. C’est une piste à suivre.

Les TPE sont-elles suffisamment sensibilisées ?

Ça commence. Certaines sont dans des contrats régulés, en dessous du seuil des 36 kVA. Ces TPE auront globalement une augmentation de 15% l’an prochain. Mais là où la problématique reste importante, c’est pour les 600 000 entreprises qui dépassent ce seuil. Parmi elles, certaines ont déjà leur contrat et n’engageront leur renouvellement qu’à partir de 2023-2024.

Pour les autres, la situation sera plus difficile. Certaines ne savent même pas encore qu’elles sont dans des tarifs non régulés. Elles risquent d’avoir une mauvaise surprise d’ici à la fin de l’année. Elles ont tout intérêt à renégocier leur contrat. Si elles ne le font pas au plus vite, c’est-à-dire avant le 31 décembre, elles ne bénéficieront pas de la part Arenh. 

Quels conseils donnez-vous aux indépendants et aux TPE ?

Il faut commencer par regarder sa facturation à la loupe pour voir si on est au-delà d’une consommation à 36 kVA. Ensuite, il faut vérifier les dates de validité de son contrat. S’il doit être renégocié, il faut le faire impérativement avant le 31 décembre pour pouvoir bénéficier de la facturation amoindrie sur la partie nucléaire, l’Arenh. Si vous êtes au-dessus de 325 euros le kW/an, vous bénéficierez automatiquement de l’amortisseur électrique. En dessous, la part d’augmentation restera à votre charge.

Propos recueillis par Georges Margossian.

(*) Le Syndicat des indépendants et des TPE (SDI) est une organisation patronale interprofessionnelle, qui revendique 25 000 membres, dont 10% dans la coiffure et l’esthétique.

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