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Un additif alimentaire à l’origine de maladies chroniques inflammatoires ?

ADDITIFS ALIMENTAIRES DANGEREUX POUR LE MICROBIOTE

Une nouvelle étude met en avant le rôle perturbant pour le microbiote intestinal humain d’un émulsifiant synthétique couramment utilisé dans les produits alimentaires transformés. 

On sait depuis plusieurs années que les facteurs génétiques ne peuvent pas expliquer, à eux seuls, la survenance de maladies inflammatoires de l’intestin, comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Les scientifiques ont donc progressivement orienté leurs recherches vers d’autres facteurs : l’environnement ou l’alimentation.

En 2015, une étude publié dans la revue Nature, sous la direction du chercheur de l’Inserm Benoît Chassaing, suggérait déjà que les agents émulsifiants, ajoutés à de nombreux produits transformés (crèmes glacés, gâteaux, sauces…), pouvaient interagir de manière très étroite avec le microbiote intestinal, allant jusqu’à modifier sa localisation et sa composition.

De nouveaux travaux scientifiques menés sur des souris ont mis en évidence le rôle particulier d’un émulsifiant synthétique, le carboxyméthylcellulose (CMC ou E466). Une étude récente, également menée par l’équipe de Benoît Chassaing, permet de mieux comprendre ses effets, mais, cette fois, sur le microbiote humain.

Modification de la composition en bactéries

Pendant une dizaine de jours, les chercheurs ont fait prendre à sept personnes, sans problème de santé au niveau intestinal, 15 g par jour de CMC. Ils ont comparé leur évolution à neuf patients ayant reçu un placebo. Dans chaque cas, les participants ne consommaient pas d’autre émulsifiant.

Au bout de onze jours, les scientifiques ont observé que, parmi ceux qui consommaient du CMC, «la composition en bactéries présentes dans l’intestin était modifiée, avec une diminution nette de la quantité de certaines espèces connues pour jouer un rôle bénéfique en santé humaine, tel que Faecalibacterium prausnitzii», note un communiqué de l’Inserm.

Cette étude, publiée mardi dans la revue Gastroenterology, est donc la première à évaluer les conséquences de la consommation de CMC chez l’humain. «Ces résultats appuient l’idée que l’emploi fréquent de CMC dans les aliments transformés contribue peut-être à (favoriser) une série de maladies chroniques inflammatoires», estiment les chercheurs, mais sans conclure, à ce stade, sur des conséquences pour la santé.

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