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Santé mentale : des professionnels pressent les pouvoirs publics d’agir

MONTAGNE REMONTÉE MÉCANIQUE À L'ARRÊT

«La troisième vague psychiatrique est là», alertent dans un communiqué les psychiatres Rachel Bocher, Serge Hefez, Marion Leboyer et Marie-Rose Moro, et la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury. Ils appellent le gouvernement à «passer à l’action» de façon urgente.

«Nous voulons éviter une troisième vague, qui serait une vague de la santé mentale pour les jeunes et pour les moins jeunes», avait déclaré Olivier Véran, le ministre de la Santé, à la mi-novembre, évoquant une «augmentation importante des états dépressifs», alors qu’il inaugurait une plateforme d’écoute destinée aux jeunes de 12 à 25 ans.

Reprenant ainsi les mots du ministre, ces professionnels de la santé mentale ont appelé à «agir vite», jeudi, lors d’une conférence de presse, regrettant qu’Emmanuel Macron n’ait pas évoqué le sujet lors de son allocution le 24 novembre. «Nous voyons l’émergence de symptômes : fatigue, sidération psychique, de la peur, de l’anxiété, des angoisses, de l’insomnie, de la colère aussi», a décrit le psychiatre et psychanalyste Serge Hefez, soulignant que «tout le monde peut basculer», et pas seulement les personnes déjà fragiles avant la pandémie.

«Les conséquences psychiatriques de la Covid sont là (…) et elles s’inscrivent dans le temps long», a ajouté Marion Leboyer, professeur à l’université Paris Est-Créteil, évoquant une hausse de 30% des risques de nouveaux cas de dépression et de 20% de nouveaux cas de troubles d’anxiété, selon plusieurs études, alors que les consultations sont déjà souvent «saturées».

« Un accès de proximité pour tous »

Des «solutions d’urgence», «simples», pour pouvoir prendre en charge ces nouveaux patients doivent être «très rapidement déployées», a insisté Marion Leboyer. Les cinq professionnels de la santé mentale suggèrent une «campagne d’information pour contribuer à (…) la déstigmatisation» des problèmes psychiatriques, car «aujourd’hui en France, ça reste difficile de dire (…) qu’on est déprimé, qu’on est anxieux».

Ils demandent aussi que «l’effort de déploiement de plateformes» d’information et d’aide «soit renforcé avec la mise à disposition d’outils d’autodiagnostic, d’auto-aide et de moyens de faciliter l’accès aux professionnels de santé mentale», soulignant que les parcours de soins sont aujourd’hui «peu lisibles».

Enfin, ils jugent nécessaires des «moyens supplémentaires, pour ouvrir le temps de la pandémie des consultations dédiées (…) qui pourraient s’appeler Covid Psy» dans les établissements hospitaliers. Enfin, à plus long terme, ils réclament une «mission interministérielle de 6 mois» pour élaborer «un projet de loi psychiatrie et santé mentale», prévoyant notamment «un accès de proximité pour tous» aux soins psychiatriques et «un soutien à la prévention et au repérage précoce».

Avec l’AFP.

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