L’impact du bruit sur la qualité de vie et la santé est de plus en plus vivement ressenti par les Français, comme le montre cette nouvelle enquête Ifop réalisée à l’occasion de la Journée nationale de l’audition, qui a lieu le 10 mars.
Si près de sept Français sur dix indiquent être gênés par le bruit, 21% ont le sentiment que leur sensibilité au bruit a même augmenté depuis la crise sanitaire, selon cette étude menée auprès d’un panel représentatif de 1004 individus pour l’association JNA. Elle révèle également que le bruit impacte, en particulier, les femmes (pour 70% d’entre elles), les 50-64 ans (69%), les cadres (73%), notamment les télétravailleurs (75%), ainsi que les résidents de l’agglomération parisienne (79%).
Parmi les plus inquiets se trouvent les ouvriers (45%), les télétravailleurs fréquents, c’est-à-dire qui travaillent au moins deux à trois jours par semaine (47%), les foyers avec au moins trois enfants (44%) et les 18-24 ans (44%, +7pts vs la moyenne), «pourtant parmi les moins informés sur ce sujet», note l’association JNA.
Par rapport à 2020, l’enquête relève un écart de 10 points pour les troubles du sommeil (50%), de 6 points sur la fatigue (54%), de 6 points sur l’agressivité (49%), de 7 points sur le stress (51%) et les maux de tête (46%), de 6 points pour les gênes de compréhension de la parole et les pertes de concentration (56%).
Un débat absent de la campagne présidentielle
En revanche, si les surdités et sifflements restent stables, ces maux concernent tout de même un Français sur trois en raison du bruit et des expositions sonores. «Et là encore, les moins de 35 ans déclarent en moyenne un impact plus fort par rapport à l’ensemble», fait observer l’association JNA, qui réunit des experts scientifiques et médicaux, ainsi que des acteurs de la prévention.
Face à cette inquiétude, elle regrette que «l’audition demeure un angle mort de la campagne présidentielle», alors que cet avis est «largement partagé par les plus âgés», notamment 90% des répondants âgés de 65 ans et plus. «Les trois quarts des Français estiment que la problématique de l’audition devrait devenir une grande cause nationale de santé publique (76%)», renchérit-elle.





