Utilisé par les laboratoires pour fabriquer des produits cosmétiques et homéopathiques, l’Arnica montana, herbe médicinale aux vertus anti-inflammatoire, pourrait disparaître, alerte une association de cueilleurs.
L’or jaune des montagnes va-t-il devenir introuvable sur les pentes du Markstein, dans le Massif des Vosges ? Ce lieu, réputé dans les milieux de la phytothérapie, offre une concentration exceptionnelle en arnica. Et sa floraison estivale attire, chaque année, de plus en plus de cueilleurs, qui peuvent ramasser, en quelques jours, plusieurs tonnes de cette plante sauvage, que l’on trouve dans de nombreux produits pharmaceutiques, gels ou crèmes cosmétiques.
Problème : depuis quelques années, l’arnica ne fleurit presque plus dans cette station vosgienne, qui concentre, à elle seule, plus de 90% des volumes récoltés en France, et les mesures mises en place sont insuffisantes, avertit l’Association française des professionnels de la cueillette (AFC) dans un communiqué.
«Multifactoriel (pression de cueillette élevée, modification des pratiques agricoles et forestières, changement climatique…), ce phénomène est constaté sur l’ensemble du territoire français, à différents degrés de gravité», s’inquiète l’association. Selon elle, ces «pillages» sont le fait de «cueilleurs indépendants sous-traitants ou de cueilleurs saisonniers employés par des entreprises collectrices peu scrupuleuses».
Sensibiliser les entreprises utilisatrices
Ils sont envoyés sur des sites qu’ils ne connaissent pas, sans autorisation du propriétaire, et sont là pour «faire du volume», sans connaître l’espèce, ni son environnement, souligne l’AFC. «De plus, leurs conditions de travail et de logement par les entreprises collecteuses sont dans la plupart des cas indécentes», ajoute l’association.
Pour lutter contre cette pénurie, les moyens sont encore faibles, déplore-t-elle. «Les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) ont un pouvoir restreint tant qu’ils ne peuvent pas s’appuyer sur une réglementation et sont trop peu présent sur le territoire», explique l’association, qui plaide pour une «meilleure gestion globale de la ressource».
Pour cela, les entreprises utilisatrices «doivent connaitre les cueilleurs avec lesquels elles travaillent, favoriser des relations directes en passant le moins possible par des collecteurs, et avoir de meilleures connaissances de cette ressource qui les fait vivre», notamment en demandant aux cueilleurs de communiquer les volumes prélevés, estime l’AFC.





