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La migraine, mal prise en charge, souffre encore de nombreux préjugés

Emilie Nanneix est chargée de mission à LA CANIB-sp pour le développement durable

La migraine pâtit depuis longtemps de sa réputation de «maladie de bonne femme» peu sérieuse… Pourtant, près de 1,5 million de Français en souffrent sous sa forme chronique, alors qu’il existe des traitements pour les soulager.

Un premier Sommet francophone de la migraine a été organisé samedi en ligne par l’association «La Voix des Migraineux». Son objectif : «créer un événement choc», a expliqué Sabine Debremaecker, sa présidente, 59 ans, «migraineuse» depuis la petite enfance. «Parce qu’elle touche essentiellement des femmes, on l’a minimisée», a-t-elle déploré, ajoutant qu’«aucun examen médical courant ne permet de la diagnostiquer».

L’événement avait pour but de faire mieux connaître la migraine, qui handicape 10,5 millions de Français à des degrés de sévérité variable. À partir de 8 jours de crise par mois, elle est qualifiée de sévère. A partir de 15 jours, de chronique. Environ 1,4 million de Français seraient touchés par cette dernière forme.

Les conséquences dans la vie quotidienne et au travail sont nombreuses : obligation de s’absenter au travail pour 51 % des actifs, des difficultés pour prendre soin des enfants et du logement pour 90% des malades, une rémunération affectée pour au moins 60 % des patients, des idées suicidaires pour 15 % d’entre eux, selon l’association, qui a sondé 860 patients souffrant de migraine chronique en 2020.

Les symptômes de cette maladie neurologique qui peut être très invalidante sont connus. Lors du sommet, samedi, Jérôme Mawet, neurologue au centre d’urgence céphalée de l’hôpital Lariboisière, en a détaillé les étapes : ils commencent souvent 24h avant par le «prodrome», une sensation de fatigue voire d’épuisement, une difficulté à se concentrer.

« Une sensation d’épuisement »

Pour près de 30 % des migraineux suit l’«aura», c’est-à-dire des troubles visuels allant jusqu’à la cécité, puis une céphalée : une douleur modérée à intense dans la tête, des nausées et/ou vomissements, une gêne à la lumière et au bruit. Enfin, vient le «postdrome» ou la phase de récupération, caractérisée par une sensation d’épuisement, une émotivité pouvant aller jusqu’à un court état dépressif.

Il existe pourtant des médicaments, comme des antidépresseurs, anti-hypertenseurs ou anti-épileptiques, démontrés efficaces mais pouvant parfois entrainer des effets secondaires, ont souligné les participants. De plus, de nouvelles thérapies ont vu le jour : les anticorps anti-CGRP, développés pour bloquer le CGRP, molécule impliquée dans la migraine.

Le problème, c’est qu’ils sont chers : entre 250 et 270 euros par mois. «Alors qu’ils sont remboursés dans la plupart des pays européens, ils restent en France à la charge des patients», a regretté Sabine Debremaecker. En 2019, l’OMS a classé la migraine comme seconde maladie la plus invalidante au monde chez les moins de 50 ans, et la première, pour les femmes, indique son association.

Avec l’AFP.

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