L’efficacité virucide des solutions hydro-alcooliques reposant sur la concentration en alcool, il existe un risque que celui-ci s’évapore avec le temps, souligne l’Anses, qui relève que les pompes doseuses sont moins hermétiques que les bouchons.
«Un produit conservé plusieurs mois au fond d’un sac ou dans un distributeur avec pompe doseuse à l’entrée d’un bâtiment garde-t-il son efficacité ?» : pour répondre à cette question, l’agence sanitaire a soumis des gels et solutions hydro-alcooliques, dont les formules ont été autorisées par l’arrêté du 13 mars 2020, à plusieurs scénarios de conservation.
Elle a ainsi comparé un flacon de poche de 100 ml, utilisé une fois par semaine pendant cinq mois, et un bidon de recharge de 5 litres, ouvert tous les jours pendant 15 minutes pour un transvasement de 200 ml et conservé pendant 5 semaines, ainsi que deux types de flacons avec pompes doseuses : l’un de 500 ml, utilisé modérément toutes les 2 heures sur trois semaines, et un autre d’un litre destiné à une entrée de magasin, avec un usage intensif, toutes les 5 minutes sur trois jours.
Résultat : «seuls les produits dans un flacon avec une pompe doseuse utilisés modérément ont vu leur teneur en alcool diminuer, de 5 à 10% en trois semaines». «Les pompes doseuses sont moins hermétiques que les bouchons, l’alcool s’évapore plus facilement», explique Catherine Gourlay-Francé, directrice adjointe à l’Anses, citée dans le communiqué de l’agence.
Une teneur de 65% en alcool
Pour l’Anses, le packaging est donc un critère important : il faut «choisir le type de contenant le plus adapté à la fréquence d’utilisation, en réservant les flacons munis d’une pompe à une utilisation fréquente». Pour autant, la formulation reste essentielle, car tous les gels ne sont «pas spécifiquement conçus pour être efficaces contre les coronavirus».
Pour s’en assurer, l’Anses conseille de vérifier la présence sur les étiquettes des mentions «virucide selon la norme EN 14476» ou «solution hydro-alcoolique recommandée par l’OMS pour l’antisepsie des mains» ou «gel hydro-alcoolique pour l’antisepsie des mains (arrêté dérogatoire)». Autre point important à vérifier : une «concentration en alcool (éthanol ou isopropanol) d’au moins 65%», précise l’agence, car ces produits «éliminent plus de 99,9% des virus enveloppés, y compris les coronavirus».
Par ailleurs, l’Anses ajoute quelques conseils de bon sens : conserver le produit à l’abri de la chaleur et du soleil, bien refermer le contenant et ne pas dépasser la date d’utilisation, utiliser rapidement si le flacon est muni d’une pompe doseuse et nettoyer à l’eau et au savon en cas de réutilisation du flacon. Et, en cas de transvasement d’un contenant à l’autre, il faut l’effectuer dans un endroit à moins de 20°C pour limiter l’évaporation de l’alcool.