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Alcool : toute consommation a un effet délétère pour la santé

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Le vin rouge, bon pour le cœur ? Un petit verre, de temps en temps, ne fait pas de mal ?… Dans un rapport collectif, l’Inserm tord le cou aux idées reçues : il n’existe pas de seuil en dessous duquel l’alcool est sans risque pour la santé.  

«Toute consommation – même faible – a un effet délétère pour la santé», soulignent les chercheurs de l’Institut national de la recherche et de la science médicale (Inserm) dans un rapport d’«expertise collective» sur la réduction des dommages associés à l’alcool. Près de 43 millions de personnes en France sont concernées, avec des niveaux de consommation qui demeurent élevés, notamment chez les jeunes.

On dénombre «41 000 morts par an (dont 11 000 femmes) pour un coût social estimé à 118 milliards d’euros», notent-ils dans ce document de 700 pages, assorti de recommandations. Les experts déplorent que «les moyens alloués» pour lutter contre ce fardeau ne soient pas «à la hauteur des enjeux» : la consommation régulière (10 fois ou plus dans le mois) touche un jeune sur dix en classe de seconde et un jeune sur quatre en terminale, tandis que le niveau de consommation des plus de 50 ans a augmenté.

La consommation d’alcool est responsable directement ou indirectement d’une soixantaine de maladies, dont des cancers comme le cancer du sein et des maladies cardiovasculaires. Elle est également la première cause d’hospitalisation et la deuxième cause de mortalité évitable en France (après le tabac), rappellent les experts, qui lui dénient des effets protecteurs.

Le vin rouge n’est pas bon pour le cœur

«Il faut arrêter de dire que c’est bon pour le cœur», lance à propos du vin rouge Mickaël Naassila, chercheur Inserm du Groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances à Amiens. Les auteurs du rapport préconisent ainsi de durcir la loi Evin de 1991, «considérablement affaiblie», ces dernières années, en interdisant la publicité sur Internet et dans l’espace public, et d’augmenter le prix (en taxant les boissons au gramme d’alcool ou avec un prix minimum comme en Ecosse).

Ils proposent aussi de «réduire la disponibilité de l’alcool» (via les plages horaires de vente et le nombre de commerces ou de licences) et de «rappeler les repères de consommation à risque faible» (pas plus de 2 verres par jour et pas tous les jours) ainsi que «la plus grande vulnérabilité biologique des femmes vis-à-vis de l’alcool».

Avec l’AFP.

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