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Nanoparticules : près de 900 produits alimentaires ont été recensés

Alors que l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) s’inquiétait, en février, du manque de transparence des industriels sur les nanoparticules, l’Anses vient de dresser un premier état des lieux de leur présence dans l’alimentation.  

Les nanomatériaux dits manufacturés* sont utilisés comme additif, pour améliorer l’aspect du produit ou la sécurité du conditionnement (action antimicrobienne), voire pour une raison «nutritive» : c’est le cas du carbonate de calcium utilisé dans les laits infantiles pour atteindre une teneur suffisante en calcium.

Dans un avis publié mardi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a référencé 37 substances, utilisées en tant qu’additifs ou ingrédients alimentaires. Elle considère que, pour 7 d’entre eux, la présence de nanoparticules est «avérée»  – carbonate de calcium, dioxyde de titane, oxydes et hydroxydes de fer, silicate de calcium, phosphates tricalciques, silices amorphes synthétiques, composés organiques et composites – ou «suspectée» (30 dont l’aluminium, l’argent, l’or, le phosphate de magnésium ou les seuls de sodium). 

Au total, à partir des bases de données de l’alimentation (Oqali, GNPD), près de 900 produits alimentaires intègrent au moins un additif ou un ingrédient répondant à la classification «substances pour lesquelles la présence de nanomatériaux manufacturés est avérée». Les plus concernés sont le lait infantile (25,6%), les confiseries (15,6%), les céréales du petit déjeuner (14,8%), les barres céréalières (12,9%), les viennoiseries et desserts surgelés (10,9%).

Pour autant, cette mention ne peut être assimilé à une présence de nanomatériaux dans chaque produit ou lot, note l’Anses. «Malgré ces obligations, l’identification et la traçabilité des nanomatériaux dans le domaine de l’alimentation s’avèrent encore aujourd’hui limitées», constate l’agence sanitaire.

Principe de précaution

Or, c’est «une étape indispensable à l’évaluation des risques sanitaires», souligne l’agence, qui rappelle que ce recensement a été effectué avant la suspension en France du E171 (dioxyde de titane), une poudre utilisée principalement comme colorant, pour blanchir ou intensifier la brillance des produits alimentaires.

En France, la déclaration des substances à l’état nanoparticulaire, obligatoire depuis 2013 via le registre R-Nano géré par l’Anses, prévoit que les fabricants, importateurs et distributeurs de plus de 100 grammes de substances à l’état nanoparticulaire par an fassent état de l’identité des substances, les quantités manipulées ainsi que les usages prévus. La prochaine étape, après cet état des lieux, consistera à étudier les risques sanitaires que pourraient représenter ces substances pour les consommateurs.

En raison des «incertitudes sur les risques» que représentent les nanomatériaux dans l’alimentation, l’Anses rappelle qu’elle conseille de «limiter l’exposition des consommateurs» aux nanomatériaux dans l’alimentation en évitant les «usages superflus» et «en favorisant les produits sûrs, dépourvus de nanomatériaux, et équivalents en termes de fonction et d’efficacité».

(*) Définition de l’Anses : «Un nanomatériau manufacturé est un matériau de nature organique, inorganique ou composite, produit par l’Homme à des fins applicatives et composé en tout ou partie de particules constitutives présentant au moins une dimension comprise entre 1 et 100 nm».

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