Selon un sondage Opinionway pour le cabinet de conseil «Empreinte Humaine», si les salariés plébiscitent massivement le travail à distance, ils souhaitent aussi de meilleures règles de fonctionnement pour maîtriser son impact psychologique.
L’expérience du confinement ne les a pas rendus allergiques au télétravail. Bien au contraire : plus de huit télétravailleurs sur dix (85%) souhaitent conserver la possibilité de continuer le travail à distance, selon ce sondage. Cinq millions de Français ont basculé dans le télétravail durant cette période, notamment 39% des salariés du secteur privé, indiquait début mai le ministère du Travail.
Parmi les points positifs propices à leur bien-être, les personnes interrogées citent la possibilité de bien concilier vie professionnelle et personnelle (68%), des moyens suffisants (65%), la définition de rôles et d’objectifs clairs (73%) ou le fait d’être autonomes (70%). Plus de 60% d’entre eux ont apprécié aussi le soutien de leurs collègues ou managers.
Mais cette étude met aussi l’accent sur les risques psychosociaux d’un télétravail mal organisé. Pour les salariés, il apparaît clair qu’il ne doit pas être imposé et vécu comme une contrainte. C’est le cas, toutefois, pour 27% des sondés, dont près des trois quarts (72%) affirment être en situation de détresse psychologique.
L’isolement dû au télétravail est aussi un facteur de stress supplémentaire pour 39% des salariés, tandis qu’à l’inverse, pour une majorité de personnes interrogées, cette forme d’organisation crée plus de réunions… Plus généralement, plus de la moitié des sondés (53%) veulent plus de règles de fonctionnement pour améliorer leur bien-être.
Plus qu’un déplacement physique du travail
En effet, le sondage met en lumière plusieurs sources de détresse psychologique. Ainsi, 60% des télétravailleurs interrogés trouvent que leur travail est «haché, interrompu», 66% affirment qu’ils sont submergé d’informations, 54% trouvent leur tâches répétitives et 50% s’estiment obligés de cacher leur émotion ou de faire semblant d’être de bonne humeur…
«Le télétravail peut être source de bien-être et d’engagement quand il est bien conçu et accompagné. Il doit reposer sur des principes de confiance/autonomie, responsabilisation et conciliation entre conception et exécution du travail et donc sur la participation aux décisions, l’autonomie, le développement dans les tâches…», commente Christophe Nguyen, psychologue du travail et président d’Empreinte Humaine.
Pour le co-fondateur du cabinet, cet encadrement ne doit pas être réalisé que d’un point de vue juridique, mais aussi «autour de l’organisation, des comportements et des attitudes au travail». «Le télétravail n’est pas qu’un déplacement physique du travail mais change tous les comportements qui doivent être accompagnés», ajoute le psychologue.
Sondage réalisé du 20 au 29 mai auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 salariés selon la méthode des quotas.



