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Hauts-de-France : les salons de coiffure face a la pénurie de main d’œuvre

Chignon tresse et passementerie

Lundi, le Premier ministre a annoncé un vaste plan pour réduire les tensions de recrutement. Un phénomène que connaissent bien les salons de coiffure, notamment dans les Hauts-de-France.

L’histoire semble se répéter chaque année. En 2018, Bernard Stalter, alors à la tête de l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec), tirait déjà la sonnette d’alarme sur l’inquiétante pénurie de main d’œuvre dans le secteur. Depuis la rentrée, la question est plus que jamais sensible dans les salons.

«L’annonce y est depuis un an et demi… C’est désespérant», raconte Haude Vandamme, citée par La Voix du Nord, qui consacre un reportage sur le sujet. Pour recruter un coiffeur, la patronne du salon Ode Korê, à Templemars, dans le Nord, a affiché son annonce sur un grand panneau en 4 x 3 avec son numéro de téléphone bine en évidence…

Las ! Les candidats se font quand même rares. Un seul CV sur plusieurs mois, c’est peu. «On était six coiffeuses, on n’est plus que quatre», regrette-t-elle. Un problème de rémunération ? «Je donne des chèques cadeaux à Noël, des tickets resto, je paie chaque heure sup», se défend Haude Vandamme, qui doit désormais refuser des clients par manque de personnel.

Travailler en sous-effectif, c’est aussi le quotidien d’un autre salon cité par La Voix du Nord. «On est tellement à flux tendu qu’on a énormément de mal à dégager des créneaux pour encadrer les apprentis», déplorent les propriétaires de Bigoudime, à Seclin. À cela s’ajoute un manque d’entrain de la part des jeunes : «Il faut cinq ans pour faire un bon coiffeur. Et les jeunes ne veulent plus travailler tous les samedis, pour un salaire bas qui évolue peu».

« C’est à nous d’évoluer »

Des cas exceptionnels ? Pas vraiment. «On manque de 15 à 20 % de coiffeurs en France. Depuis trois ans, on le sentait et, là, ça s’est accentué», explique Laure Bazan, qui préside l’Unec pour la région Hauts-de-France. Selon elle, l’origine de la difficulté, «c’est la réforme de l’apprentissage de 2013, sous Hollande», qui a entraîné une rupture dans la formation des apprentis. Un constat partagé par Christophe Doré, patron de l’Unec au niveau national, qui déclarait début septembre auprès de Profession bien-être, qu’il fallait «entre 5 et 7 ans pour former un jeune».

Les solutions ? Des hausses de salaires, certes, mais pas seulement, souligne Laure Bazan. «Il va falloir s’adapter notamment aux horaires : c’est à nous d’évoluer, pour que les salariés ne travaillent pas tous les samedis, par exemple. D’ailleurs, à ce niveau-là, les clients ont aussi changé leurs habitudes. On a, par ailleurs, beaucoup évolué sur la pénibilité avec des bacs ergonomiques, des fauteuils qui se mettent à notre hauteur, des produits qui ont changé…», fait valoir la responsable, également gérante d’un salon à Houplin-Ancoisne.

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