Ne vous laissez pas effrayer par les termes techniques. Il s’agit de votre entreprise, et comprendre son fonctionnement financier est une compétence-clé pour tout entrepreneur. Et pour cela, l’un des outils essentiels, c’est le compte de résultat : un document financier qui vous donne une vision précise de la performance économique de votre entreprise sur une année fiscale.
Les comptables, qui sont de grands poètes, utilisent souvent l’image d’une baignoire pour en caractériser le fonctionnement. Le robinet représente les différentes sources de revenus, tandis que le drain représente les diverses dépenses et charges. Le but est alors de maintenir un équilibre où l’eau qui entre est au moins égale, sinon supérieure, à l’eau qui sort, afin de s’assurer que l’entreprise est rentable.
Et c’est essentiellement ce qu’un compte de résultat démontre, avec des soldes qui deviennent de plus en plus précis au fur et à mesure que l’on progresse, car il comporte trois piliers principaux : l’exploitation, la finance et l’exceptionnel… Bref, trois robinets et trois bondes de différents diamètres !
Structure d’un compte de résultat
Le compte de résultat est structuré en plusieurs parties qui permettent de comprendre comment se forment vos bénéfices : les produits, les charges, la valeur ajoutée, l’EBE, le résultat d’exploitation, le résultat financier, le résultat exceptionnel, les impôts sur les bénéfices et le résultat net. Voyons tout ça en détail…
Produits et charges
Les produits sont tous les revenus que votre entreprise génère, principalement par la vente de vos services de coiffure ou esthétique et la vente de produits associés. Les charges, quant à elles, sont toutes les dépenses que vous engagez pour faire fonctionner votre établissement, comme l’achat de produits de coiffure ou de soins, les salaires de vos employés, le loyer de votre local, etc.
Valeur ajoutée
La valeur ajoutée est un concept-clé dans le compte de résultat. Elle est obtenue en retranchant de votre chiffre d’affaires (l’ensemble des revenus de votre salon ou institut) l’ensemble des consommations intermédiaires, c’est-à-dire ce que vous dépensez en achats de produits de coiffure ou de soins esthétiques, en énergie, en services externes, etc.
La formule est donc la suivante : Valeur ajoutée = chiffre d’affaires + subventions d’exploitation (aides) – consommations intermédiaires.
Pour illustrer, supposons que votre chiffre d’affaires annuel soit de 100 000 euros, que vous ayez reçu 5 000 euros de subventions et dépensé 40 000 euros en consommations intermédiaires. Votre valeur ajoutée sera alors de 65 000 euros (100 000 + 5 000 – 40 000).
La valeur ajoutée est une mesure de la richesse que vous créez grâce à votre activité. Elle est importante, car c’est à partir d’elle que vous allez payer vos salaires, vos impôts et dégager un bénéfice.
Excédent brut d’exploitation (EBE)
L’excédent brut d’exploitation, ou EBE, est un autre indicateur-clé de votre compte de résultat. Il représente le surplus dégagé par votre activité après avoir couvert les charges courantes directement liées à votre activité. À ce stade, les charges financières, les amortissements et les impôts ne sont pas pris en compte.
La formule pour le calculer est la suivante : EBE = Valeur ajoutée – (Charges de personnel + autres charges externes).
Reprenons notre exemple précédent. Supposons que vous ayez dépensé 35 000 euros en salaires et 5 000 euros en autres charges externes*. Votre EBE sera alors de 25 000 euros (65 000 – 35 000 – 5 000).
L’EBE montre la capacité de votre entreprise à générer des ressources financières à partir de son activité courante. S’il est positif, cela signifie que vous dégagez une marge suffisante pour couvrir vos autres charges (financières, exceptionnelles) et pour investir dans votre activité.
(*) Achats non stockés de fournitures (shampoing, ciseaux, etc.), petit équipement, fournitures administratives, prestations de service extérieures (nettoyage), frais d’assurance, frais postaux, etc.
Qu’est-ce qu’on appelle l’ « exploitation » ?
Le terme «exploitation» fait référence à l’ensemble des activités principales qui caractérisent le métier de l’entreprise. Il s’agit essentiellement des opérations quotidiennes qui lui permettent de générer son revenu principal.
Pour un salon de coiffure, le cycle d’exploitation commence par la prise de rendez-vous du client, soit par téléphone, soit en ligne. Ensuite, le coiffeur prépare le matériel et les produits nécessaires à la prestation (shampoing, ciseaux, peignes, produits de coloration, etc.), qui correspondent aux achats de matières et de fournitures. Puis vient le moment de la prestation : lavage, coupe, coloration, coiffage… qui constitue la production du service vendu. Le cycle se termine par l’encaissement du prix de la prestation, une fois celle-ci terminée.
Dans le cas d’un institut d’esthétique, le cycle d’exploitation est similaire, bien que les services soient différents. Il débute aussi par la prise de rendez-vous du client. Ensuite, l’esthéticienne prépare le matériel et les produits requis pour la prestation (crèmes, huiles, appareils, cires, etc.). La prestation peut être variée : soins du visage, épilation, massage, manucure, pédicure… L’encaissement du prix de la prestation conclut le cycle.
Dans les deux cas, le cycle d’exploitation comprend aussi des tâches administratives (prise de rendez-vous, facturation, comptabilité, etc.) et de gestion (gestion des stocks de produits, entretien des équipements, etc.), qui sont essentielles pour le bon fonctionnement de l’entreprise.
Le résultat d’exploitation
Quand on parle du résultat d’exploitation dans un compte de résultat, il s’agit toujours de mesurer l’efficacité avec laquelle l’entreprise a su générer des profits à partir de ses activités principales, mais il vient après l’EBE, parce qu’il tient compte des amortissements et des provisions, qu’on inclut dans son calcul.
Le résultat financier
Le résultat financier se calcule comme la différence entre les charges et les produits financiers. Il y a deux sortes de produits financiers : le revenu des placements de votre trésorerie et celui des titres financiers que vous détenez. Quant aux dépenses financières, ce sont vos frais financiers et autres intérêts sur emprunts.
Il est évident que, si vous regardez votre compte de résultat, vos produits d’exploitation seront beaucoup plus importants que vos produits financiers, qui devraient être quasi-inexistants, compte tenu de votre activité !
Le résultat courant
Le résultat courant, c’est tout simplement la différence entre le résultat d’exploitation et le résultat financier. Peu utilisé, il constitue pourtant un indicateur de gestion intéressant, car il permet de mesurer la rentabilité de l’entreprise avant la prise en compte des éléments exceptionnels et des impôts.
C’est donc une mesure de la performance de l’entreprise qui tient compte de ses activités courantes, mais aussi des charges et produits financiers, à la différence de l’EBE, qui n’inclut pas les éléments financiers, ni des dotations aux amortissements et aux provisions.
L’EBE est donc utilisé comme un indicateur de la performance opérationnelle de l’entreprise, tandis que le résultat courant avant impôt donne une image plus globale de sa rentabilité.
Le résultat exceptionnel
On regroupe sous l’exceptionnel les charges et les produits qui ne font pas partie de l’exploitation courante, et qui sont donc considérés comme non récurrents. Pour autant, ces éléments peuvent avoir une incidence significative sur le résultat net de l’entreprise. Jugez par vous même…
Si un salon de coiffure ou un institut de beauté décide de vendre un équipement important, comme un fauteuil de coiffure haut de gamme ou un équipement IPL, le produit de cette vente sera considéré comme un élément exceptionnel, tout comme des dégâts matériels importants suite à un événement imprévu, comme un incendie ou une inondation, voire le versement d’indemnités de licenciement. Etc.
Le résultat net
Le résultat net est le solde final que l’entreprise dégage après avoir déduit toutes les charges, y compris les impôts, de son chiffre d’affaires. C’est le montant qui reste une fois que toutes les dépenses ont été payées, et il représente le bénéfice que l’entreprise peut réinvestir ou distribuer à ses actionnaires sous forme de dividendes (ou la perte, si les charges sont plus élevées que les produits).
Les impôts ont un impact direct sur le résultat net, car ils constituent une charge supplémentaire que l’entreprise doit payer sur ses bénéfices. Plus les impôts sont élevés, plus le résultat net est bas. C’est pourquoi les entreprises cherchent souvent à optimiser leur fiscalité pour maximiser leur résultat net.
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