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Racheter un salon de coiffure : ce que le bilan ne vous dit pas

Bilan d'un salon de coiffure

Vous souhaitez racheter un salon ou un institut ? Analyser son bilan, c’est un bon début, mais c’est loin d’être suffisant. Olga Romulus, directrice des relations extérieures du groupe Fiducial et expert-comptable, nous explique pourquoi.

Profession bien-être : Quand on veut racheter un salon de coiffure, le premier réflexe, c’est de demander son bilan. Que peut nous apprendre ce document comptable ?

Olga Romulus : L’analyse de la santé financière du salon se fait en deux étapes. La première, c’est l’étude du compte de résultat, qui permet de se faire une idée de la rentabilité et de la performance de l’entreprise. En clair, quand je vends une prestation, est-ce que je gagne de l’argent ou pas, c’est-à-dire : est-ce que mes revenus couvrent bien l’ensemble des charges afférentes à la réalisation de mes prestations ?

Il ne faut donc pas le confondre avec le bilan, qui reflète, quant à lui, l’état patrimonial du salon, c’est-à-dire une photographie à un instant donné de tous les biens que possède l’établissement et de toutes ses dettes. En résumé, le bilan ne peut pas répondre à la question : est-ce que mon salon est rentable ? Pour cela, il faut se tourner vers le compte de résultat. Mais ce document reste très utile, notamment pour comprendre comment le salon fonctionne au niveau de l’équilibre entre ses besoins et ses ressources en financement.

Vous voulez parler de l’évolution du salon au fil des ans ?

Oui. Quand on est dans la mode, la coiffure ou l’esthétique, l’outil de travail, le fait de recevoir le client dans une ambiance agréable, avec du beau matériel, c’est important. Et dans le bilan, justement, on pourra par exemple voir, sans visiter le salon, s’il y a eu des investissements, si le matériel a été renouvelé récemment, ou si, au contraire, on a un outil de travail vieillissant lorsque le matériel apparait complètement amorti sur le bilan.

Comment analyser les créances et les dettes ?

L’endettement va aussi être un indicateur sur la façon dont fonctionne l’entreprise. Si, par exemple, on a un salon ancien, pour lequel les investissements ont été financés et qu’il n’y a plus aucun endettement bancaire, c’est très sain, du point de vue du fonctionnement, mais cela implique que, demain, si, un repreneur rachète le salon, il va probablement falloir qu’il s’endette, d’où la question à se poser : est-ce que ce salon, aussi rentable soit-il, me permet de dégager suffisamment de cash pour rembourser un emprunt, ce dont le cédant, aujourd’hui, n’a plus besoin, car cet investissement ayant été fait, il n’est plus endetté…

Les créances et les dettes font-elles partie du fonds de commerce ?

Non, elles ne font pas partie du fonds de commerce. Les créances et les dettes d’un salon, c’est important si on rachète la société, parce qu’on va reprendre l’ensemble des engagements. Si on rachète le fonds, on ne rachète pas les dettes, on rachète juste la part de l’actif représentant le fichier client, l’emplacement, le droit au bail…

Qu’est-ce qu’on appelle précisément un fonds de commerce ?

C’est tout ce qui permet à l’établissement de fonctionner. Il comporte tout un ensemble d’éléments incorporels, comme le droit au bail, la clientèle ou les contrats de travail mais on peut rajouter des éléments qu’on estime essentiels aussi pour le fonctionnement, comme le mobilier ou le stock des consommables et des produits commercialisés parle salon.

Quels sont les éléments qu’il faut également prendre en compte et qui ne sont pas forcément dans un bilan ? 

En plus du compte de résultat et du bilan, on peut aussi regarder l’annexe comptable, qui est un document méconnu, mais qui donne un certain nombre d’informations complémentaires. C’est dans ce document qu’on va relater dans les faits marquants de l’exercice ; par exemple, les impacts de la crise sanitaire sur le salon

Ensuite, comme vous le savez, le point crucial dans un institut ou un salon, ce sont les salariés. Avant de racheter un fonds, il faut connaître le profil de sa future équipe : ancienneté, expérience, lien avec la clientèle, niveau de rémunération par rapport au chiffre d’affaires produit absences avertissements, etc. La plupart de ces informations sont dans le dossier du personnel. C’est un document confidentiel, qui pourra être consulté au moment des négociations entre le cédant et le repreneur.

Propos recueillis par Georges Margossian.

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