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Parce que le bien-être, c'est aussi une affaire de professionnels

Wecasa : « Il y a davantage de consommateurs de bien-être à domicile »

We Casa ouvre son capital

Les services à domicile sont en plein essor depuis la crise sanitaire, notamment dans la coiffure et l’esthétique. Pour accélérer son développement, la plateforme Wecasa lève des fonds et ouvre son capital, comme l’explique Antoine Chatelain, l’un de ses co-fondateurs. Profession bien-être : Vous avez ouvert votre capital cet été à vos clients et aux professionnels, après un tour de table de 15 millions d’euros réalisé en 2021. Vous annoncez aussi que vous n’excluez pas une nouvelle levée de fonds à l’horizon 2023-2024. A quoi doit servir cet argent frais ? 

Antoine Chatelain : La levée de fonds nous permet d’abord d’embaucher des développeurs, des product managers, qui vont travailler sur la technologie de Wecasa. On est 80 salariés et on sera une centaine dans quelques mois. Le deuxième usage de cet argent, c’est de faire connaître la marque pour étendre la clientèle de Wecasa en France et au Royaume-Uni par une présence en ligne accrue et une campagne télé.

Quelle est la particularité de votre dernière opération ?

Nous avons réalisé une opération à partir de la plateforme d’investissement participatif Lita.co. Au total, nous avons levé environ 200 000 euros, mais le but était surtout d’offrir la possibilité aux clients et aux partenaires de Wecasa d’entrer au capital, dans les mêmes conditions que celles accordées à nos investisseurs. C’était important pour nous. On avait déjà associé tous les salariés au capital via un outil qu’on appelle les BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d’entreprise, NDLR). Et là, on a eu envie d’aller plus loin.

Vous avez progressé très vite ces dernières années. La crise sanitaire a-t-elle donné un nouveau coup d’accélérateur à vos activités ?

Je pense que la crise sanitaire a permis à beaucoup de Français de découvrir le bien-être à domicile. Sur les pics de déconfinement, on était à sept fois l’activité normale. Par rapport à l’avant-crise, Wecasa double ou triple son activité chaque année auprès des clients.

Et auprès des professionnels ?

Je pense qu’il y a eu un plus fort engouement pour être indépendant ou entrepreneur depuis la crise sanitaire, ce qui a accéléré le nombre d’adhésions de professionnels à notre plateforme, notamment en régions. Le service à domicile constitue un choix de vie qui leur permet de concilier une vie personnelle et une vie professionnelle épanouissante.

En quoi votre plateforme facilite leur vie professionnelle ?

On les épaule en leur permettant de se concentrer sur les services qu’ils apportent et de ne plus avoir à se soucier de trouver des clients, gérer l’administratif ou gérer les paiements. Quand vous êtes artisan, ce que vous aimez, c’est votre métier, le contact clientèle. Tout le reste, on va le gérer pour eux.

Est-ce que les professionnels, notamment les femmes, restent longtemps dans ce statut ?

C’est un choix de carrière. Très peu, après avoir été indépendant, reviennent dans un salon ou un institut. La raison, c’est qu’ils arrivent à gagner autant en travaillant moins d’heures. Une mission de bien-être à domicile représente à peu près 30 euros de l’heure. Une fois déduits tous les frais, les déplacements et les produits, ils touchent 15 à 20 euros nets de l’heure. C’est donc bien supérieur au Smic horaire.

Le deuxième avantage, qui est très recherché par les professionnels, c’est la possibilité d’ajuster leur emploi du temps. Par exemple, en salon de coiffure, il y a la contrainte du samedi qui est très forte, notamment pour les mères de famille, qui préfèrent passer le week-end avec leurs enfants.

Quelle commission prenez-vous ?

On prend une commission d’environ 20%. Le bien-être, c’est un métier qui est facturé à la prestation, contrairement à la garde d’enfants ou le ménage, facturé à l’heure. Et nos tarifs reflètent les tarifs moyens du marché.

Est-ce qu’on trouve facilement des clients quand on est coiffeur à domicile ?

Je pense que ça prend du temps. C’est une clientèle qui se construit sur plusieurs années. Ce qu’on voit, c’est que les coiffeurs à domicile qui sont installés depuis plusieurs années ont des revenus stables, avec une clientèle, et ils en vivent bien. En revanche, les gens qui démarrent n’auront pas de clients pendant les premiers trimestres, et donc pas de salaires. Pour eux, se mettre en partenariat avec Wecasa, pour trouver leurs premiers clients, peut constituer un excellent tremplin.

Comment va évoluer, selon vous, le marché de l’esthétique et de la coiffure à domicile ?

Le segment domicile est en forte progression et d’une manière continue. C’était déjà le cas avant le Covid. Nous pensons que cela va continuer à croître pour plusieurs raisons : depuis deux ans, beaucoup de gens ont découvert les services à domicile, le télétravail a pris une place plus importante et les gens ont retrouvé le goût de vivre un peu plus loin des centres-villes.

En revanche, je pense que, depuis trois ou quatre mois, la période ne sera pas évidente pour les professionnels du bien-être, car les gens doivent faire des efforts financiers, et que le service à domicile est le segment qui s’en sortira le mieux.

Quels sont vos objectifs de développement ?

Aujourd’hui, 10 000 professionnels nous ont rejoints et 200 000 clients leur font confiance. Notre objectif, c’est de continuer à nous développer sur tout le territoire, car on est vraiment sur un métier très local. Wecasa est présent dans toutes les villes grandes et moyennes. On veut désormais se renforcer dans les petites villes. On veut aussi amener plus de services aux pros pour que notre outil de gestion puisse couvrir l’ensemble de leur activité, c’est-à-dire améliorer l’agenda et le paiement, en facilitant l’encaissement des clients.

Par ailleurs, on va continuer de se développer au Royaume-Uni. Pour l’instant, l’activité est concentrée dans la région du Grand Londres. On réfléchit aussi à ouvrir un troisième pays européen.

Propos recueillis par Georges Margossian.

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