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Pourquoi la médecine esthétique se banalise chez les jeunes

ANNETTE GUERRIER, À LA TÊTE DE TROIS ÉTABLISSEMENTS

Instagram, Snapchat, Facetune… Après les stars de la téléréalité, la vogue du selfie pousse les moins de 35 ans dans les cabinets de médecine esthétique. Un phénomène qui a pris une ampleur inédite depuis le premier confinement.

«Bienvenue dans le monde d’aujourd’hui où les filles tentent d’être à la hauteur des filtres ‘Facetune’ de leurs téléphones portables», résume Sud-Ouest dans un reportage consacré à l’impact des selfies et des retouches d’images sur les jeunes. Car les médias sociaux ne servent pas seulement à échanger. Ils véhiculent aussi une image de soi sans défauts, lisse et normée de la beauté.

«Elles sont de plus en plus jeunes, très informées par les réseaux sociaux, elles veulent des lèvres et des peaux lisses. Une qualité du grain de peau tel qu’il est visible sur les écrans, parce qu’il est passé au filtre d’un quelconque photoshop qui laisse croire que tout le monde a la peau d’un bébé qui vient de naître», observe le docteur Laurence Cachan, médecin à la Clinique Esthétique Aquitaine, cité par le journal.

Si chaque année, depuis sa création, en 2007, la clinique enregistre une augmentation de 20 à 30 % de son activité, de nouveaux clients ont afflué depuis le début de la crise sanitaire : «plus d’hommes d’abord, pour les cheveux, mais aussi pour des implants dentaires. Des femmes, encore plus jeunes, entre 30 et 35 ans».

C’est une petite révolution pour la médecine esthétique, car il ne s’agit pas, pour ces jeunes de supprimer les effets de l’âge, mais «juste avoir l’air moins fatigué»… «Aujourd’hui, je reçois des gens de 16, 18, 20 ans. Cela s’est vraiment banalisé», confirme le docteur Geneviève Doux, médecin esthétique à Montpellier, avec un intérêt marqué pour le botox, le laser, les injections autour du regard ou dans les lèvres, rapporte le journal Midi-Libre.

L’effet Zoom sur la médecine esthétique

Les réunions Zoom ont changé la donne, et pas seulement pour les plus jeunes. «Du jour au lendemain je me suis vue, à la caméra, 4 à 6 heures par jour. Je me suis vue parler, j’ai vu mon visage fatigué, je me suis vue vieillir… Je me suis retrouvée face à moi-même et mes défauts et j’ai eu envie de les corriger», admet une professeure de 52 ans, interrogée par le Midi-Libre.

Une exception franco-française ? Pas vraiment. Depuis le début de la pandémie, les consultations virtuelles ont augmenté de 64% pour les chirurgiens aux États-Unis, indique l’American Society of Plastic Surgeons. «La procédure la plus demandée est celle des paupières supérieures ou du cou. Parce qu’ils voient qu’à la caméra, ça pend ou ça ressemble à un double menton», déclarait à l’AFP, au début de l’année, le Dr Michael Somenek, chirurgien plasticien à Washington.

En 2018, une étude scientifique du département de dermatologie de l’Université de médecine de Boston, publiée dans la revue médicale JAMA, constatait déjà, chez les jeunes, une volonté de plus en plus croissante de ressembler à l’image affichée sur leurs smartphones. Les chercheurs ont trouvé une expression pour désigner ce phénomène : la «dysmorphie snapchat».

 

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