Applications numériques, réalité augmentée, intelligence artificielle (IA)… Le digital devient un thème prometteur d’investissement pour les professionnels de l’esthétique et de la cosmétique, fait valoir Dominique du Crest, fondateur du Skin & Digital Summit.
Profession bien-être : Pourquoi un tel événement ?
Dominique du Crest : A l’heure où Google doit lancer «Derm Assist», une application qui permet d’aider au diagnostic de problèmes dermatologiques, où les internautes vont sur TikTok, Instagram ou Reddit, pour avoir des informations sur leur peau, et où l’intelligence artificielle va révolutionner la façon de travailler, il s’agissait, pour moi, de rapprocher les outils digitaux et les start-ups du secteur avec l’industrie de la peau. Il existe un manque de connaissances de ces technologies émergentes, notamment chez les médecins esthétiques et les dermatologues.
J’ai observé, en effet, qu’il n’y avait pas de forum de discussions sur le sujet. J’ai donc créé le Skin & Digital Summit, dont la première édition a eu lieu le 11 décembre 2021. Et cette année, j’en fais quatre. Deux ont déjà eu lieu, dans le cadre du congrès de l’Imcas, où nous avons notamment abordé le sujet «Skin in the Metaverse». Il y aura une autre version, le 24 juin, avec un partenaire américain, et le 10 décembre, nous aurons notre summit annuel.
Qui innove dans ce domaine ?
Il y a trois industries qui interviennent : la dermatologie, la médecine esthétique et la cosmétique. Et c’est la cosmétologie qui est la plus à la pointe, avec, pour le consommateur, le développement de nombreuses applications, qui permettent à l’utilisateur de prendre des décisions d’achat éclairées et personnalisées.
L’industrie des cosmétiques a su aussi prendre une longueur d’avance dans le choix de son modèle économique : ses acteurs monétisent directement leurs contacts avec les clients. Car une fois les résultats obtenus via l’application, ces derniers sont tout de suite renvoyés vers une plateforme de e-commerce ou de social commerce.
Jusqu’où peut-on aller aujourd’hui dans la personnalisation ?
Cela va du plus simple au plus compliqué. Avec les quizz, on donne à l’utilisateur des suggestions de produits de soins de la peau en fonction de différents paramètres cutanés. On peut encore aller plus loin avec la réalité augmentée, en incorporant des images, voire des systèmes de reconnaissance de formes, pour évaluer la gravité des lésions cutanées.
On peut aussi intégrer dans une application des conditions environnementales locales susceptibles d’influencer la santé de sa peau, comme la météo, la température, le pollen, l’indice UV ou l’humidité. Ou encore : utiliser un dispositif comme VISIA pour visualiser la mélanine sous la surface et les conditions vasculaires de la peau…
Que peut apporter l’intelligence artificielle dans la pratique ?
Elle fournit aux ordinateurs la capacité d’apprendre et d’améliorer les tâches de classification quand on leur demande, par exemple, d’identifier des images de rides du visage. Et plus les données sont nombreuses, plus les résultats obtenus sont précis. Ils permettent ensuite de choisir les bons traitements, les produits de comblement les mieux adaptés, voire d’anticiper les réactions de la peau d’une personne particulière.
Ce qui est également intéressant, c’est que ces nouvelles technologies renforcent l’implication des patients ou des clients dans leurs décisions en matière de soins de la peau ou de cheveux. Ils peuvent ensuite choisir des produits personnalisés, en fonction d’une analyse de leurs caractéristiques personnelles qui devient de plus en plus performante.
Propos recueillis par Georges Margossian.
Pour en savoir plus, le site de l’événement : https://www.skindigitalsummit.com/



