Le climat économique n’est pas au beau fixe pour les TPE : la confiance envers les actions économiques annoncées ou mises en place par l’exécutif est en chute libre, selon le dernier baromètre Fiducial.
Une page se referme depuis la sortie du Covid et l’intervention massive déployée par l’Etat pour les aider à tenir le choc face à l’épidémie… Les deux-tiers des patrons des très petites entreprises (66%) n’ont aujourd’hui pas confiance dans les mesures et actions économiques annoncées ou mises en place par le gouvernement d’Emmanuel Macron. Ils considèrent aussi, dans une même proportion, que leurs préoccupations ne sont pas prises en compte par l’exécutif.
Comme une majorité de Français, la réforme des retraites est également très critiquée, avec seulement 36% de soutien et un âge de départ jugé «idéal» à 62,4 ans, selon ce dernier baromètre Fiducial réalisé par l’Ifop auprès de 1 001 dirigeants de TPE, moins de 20 salariés, entre le 27 février et le 15 mars.
Résultat, le niveau de pessimisme vis-à-vis du climat général des affaires en France est très élevé : 76%, soit +29 points depuis la prise de fonction du Président en mai 2017. Et cette perte de confiance touche désormais le moral des chefs d’entreprise, avec 52% d’entre eux qui se disent pessimistes pour leur propre activité, notamment dans les secteurs de la santé et de l’action sociale, du commerce et des services aux particuliers.
De nouveaux motifs d’inquiétude
La guerre en Ukraine, le ralentissement économique et la flambée des prix de l’énergie ont affecté les TPE. La contestation sociale contre la réforme des retraites ajoute une pression supplémentaire avec un coût économique à la clé, car les journées de manifestation pèsent sur l’activité de toute une série de secteurs tels que le commerce, les restaurants et l’hôtellerie.
En réaction, les deux-tiers des TPE (66%) disent avoir répercuté la hausse de leurs coûts sur leurs clients. Cette augmentation est plus significative pour les secteurs du BTP (84%), de l’hôtellerie (76%) et de l’industrie (74%). Si la plupart ont coupé dans leurs dépenses, la moitié ont aussi réduit les investissements. Toutefois, seulement 7% d’entre eux ont supprimé des postes depuis le début de l’année ou envisagent de le faire. À l’inverse, 15% des TPE ont embauché ou affirment vouloir recruter.
Malgré tout, une large majorité des entreprises (56%) déclarent n’avoir pas de difficultés financières, même si le décalage entre la situation économique des entreprises et les mesures prises par le gouvernement persiste. Seuls 7% des dirigeants se disent en difficulté très importante.



