L’attractivité physique compte dans l’entreprise. Les diplômés de MBA jugés séduisants bénéficient d’un avantage salarial bien réel : une «prime à la beauté» de 2,4% par an, selon cette étude publiée dans la très sérieuse revue américaine Informs. Concrètement, cela représenterait 2 508 dollars supplémentaires chaque année (environ 2 403 euros). Et pour les 10% les plus séduisants, cette prime grimpe à 5 528 dollars par an, transformant une caractéristique personnelle en un véritable levier financier.
Sur 15 ans, l’écart devient frappant. Cette accumulation génère des dizaines de milliers de dollars de revenus supplémentaires, plaçant les individus attractifs sur une trajectoire professionnelle plus rémunératrice. Par comparaison, l’étude indique que l’écart salarial entre hommes et femmes dans cette même cohorte de diplômés s’élève à 10 000 dollars par an. Un chiffre qui donne une nouvelle perspective sur le poids des biais, qu’ils soient liés au genre ou à l’apparence.
L’apparence ouvre aussi des portes. D’après l’étude, les diplômés en MBA perçus comme attractifs sont 52,4% plus susceptibles de décrocher des postes prestigieux quinze ans après leur diplôme. Bref, ce n’est pas qu’un simple coup de pouce en début de carrière… L’effet de l’attractivité perdure, se renforçant même avec le temps, comme une spirale ascendante.
L’attractivité physique compte surtout dans le management et le conseil
Les avantages de l’attractivité physique varient aussi selon le secteur. L’étude montre que la «prime à la beauté» est particulièrement marquée dans les domaines où les interactions sociales sont au cœur de l’activité. En management et en conseil, par exemple, être attractif constitue un véritable atout. À l’inverse, dans des secteurs plus techniques, comme l’informatique ou l’ingénierie, l’effet de l’attractivité s’estompe. Les compétences techniques et les résultats concrets prennent le pas sur les apparences.
«Cette recherche souligne comment les préjugés liés à l’apparence physique persistent dans l’évolution des résultats de carrière, même pour les professionnels hautement qualifiés», souligne Param Vir Singh, co-auteur et professeur à l’Université de Carnegie Mellon, citée dans le communiqué. Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont vu grand. Plus de 43 000 diplômés en MBA ont été analysés sur une période de 15 ans, via un dispositif d’intelligence artificielle et des outils d’apprentissage automatique.
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